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08 juillet 2009

CAMPAGNE PRESIDENTIELLE SUR SOCLE ETHNICO-RELIGIEUX

La campagne pour les échéances électorales Ivoirienne prévu pour le 29 Novembre 2009 bas son plein.

L’essentiel pour tous les candidats est d’arriver à rallier par tous les moyens imaginables, le maximum d’électeurs vers leur camp.

Bien qu’incertaine à la date citée ci-dessus, tôt ou tard les Ivoiriens iront aux urnes pour choisir leur prochain président : Avec quelle motivation majeure ?

La logique voudrait que ce soit au vue du programme de gouvernement des candidats et par ricochet son incidence à court terme sur la vie des Ivoiriens et à long terme sur leur futur et surtout celui de leur progéniture. Cependant, mis à part les promesses rigolotes (voir utopiques parfois) annoncées de haut vol par certains candidats lors de leurs meetings, que sait la masse des électeurs potentiels sur les projets de société des candidats à notre magistrature suprême ? Pas grand-chose en vérité : et ça, les équipes de campagne qui ont face à eux des populations en majorité analphabètes et crédules le savent pertinemment.

Même s’ils prenaient la peine d’étaler avec virtuosité les contours de leur plan d’action une fois aux commandes du navire Ivoire, ils n’auraient pas la certitude de faire comprendre a leur auditoire leurs schéma parfois très technique.

Néanmoins il faut bien qu’ils arrivent à convaincre le maximum d’électeurs.

Là est tous le dilemme de la classe politique Ivoirienne de l’après Feu Son Excellence Le Président Félix Houphouët Boigny.

Etant face a cette situation quelque peut inconfortable au vue d’une population habitué à voter sans condition pour le PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire) parti unique d’alors, l’ère du multipartisme s’annonçais calamiteuse pour les partis politique émergeant, comme le Front populaire Ivoirien (FPI) et naissant, comme le rassemblement des républicains (RDR). Il fallait user de subterfuges pour se démarquer et attirer l’attention sur soit pour espérer surpasser Aimé Henri Konan Bédié le Président par intérim de la CI et candidat du PDCI d’un Houphouët Boigny toujours charismatique même après sa mort.

Le FPI de Laurent Gbagbo, premier nouveau parti politique d’après multipartisme à affronter ouvertement Houphouet, utilisa comme flambeau la répression sanglante de l’insurrection des Guébiés de Kragbé Gnagbé pour s’accorder systématiquement les suffrages des populations du Centre Ouest d’où il provient :

Premier acte de division.

Après le premier test réussi par Bédié à l’élection présidentielle de 1995, il fait une erreur monumentale en essayant d’écarter le candidat du RDR pour raison de non Ivoirité. Le terme est lancé : Ivoirité. Chacun y vas alors de son explication : une véritable aubaine pour le RDR et Alassane Dramane Ouattara qui n’avaient aucun repère solide. Il crie au scandale de l’exclusion du Nord musulman d’où il vient : Nordiste et musulman = Tribalisme et non laïcité. Il a trouvé son cheval de bataille. En même temps, on met en exergue que Bédié un Baoulé, a succédé à un autre Baoulé en la Personne d’Houphouët Boigny, à la tête de la CI pour renforcer la thèse du tribalisme.

Rappelez vous ces paroles a cette époque d’une chanson d’Alpha Blondy aujourd’hui pseudo messager de la paix. Je cite :"[Dans un pays avec plusieurs ethnies, quand une seule ethnie monopolise le pouvoir, pendant plusieurs décennies, et impose sa suprématie, tôt ou tard ce sera la guerre civile. [Refrain : Bombe tribale, bombe coloniale, comment allons nous faire pour la désamorcer ?]"

Les nombreux jours fériés octroyés aux confessions chrétiennes de CI, la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro sont cités pour étayer les preuves de non laïcité de l’état Ivoirien. Les nordistes et les musulmans se sentant lésés rejoignent en masse le RDR :

Deuxième acte de division.

Les Akans qui pour la plupart étaient du PDCI du multipartisme et qui ont continué à le soutenir sous Bédié sont effrayés par des propos tendant à faire croire que si Alassane Ouattara vient au pouvoir, il l’y aura que des mosquées et des écoles coraniques partout car il obligera tous le monde à se convertir à l’Islam :

Troisième acte de division.

C’est dans ce contexte de guerre froide qu’intervient le coup d’état du Général Robert Guéi en 1999 pour chasser Bédié du pouvoir.

Entre temps Alassane Dramane Ouattara que Bédié avait contraint à un exil en France revient triomphalement au pays pour participer à des élections qu’il est certain de remporter. C’est là qu’intervient le Quatrième acte de division avec Guei Robert qui créer le « parti des populations du Grand Ouest », l’UDPCI. Très maladroitement il écarte tous les candidats susceptibles de lui faire de l’ombre aux élections, principalement Bédié et Alasane et se fait battre par le tocard (au sens figuré) de la course en l’occurrence le Président du FPI, Son Excellence Le Président de la République Laurent Gbagbo.

Quand le Général Guéi refuse de partir et que la population prend les rues sur ordre du Nouveau président « élu» pour le pousser vers la porte, Alasane et Bédié voient là l’occasion idéale pour reprendre les choses en mains.

C’est là que les quatres divisions en sourdines du pays éclatent au grand jour :

1. Gbagbo et son centre Ouest guidés par la lutte des Guébiés de Kragbé Gnagbé,

2. Guéi et ses parents du grand ouest qui voient le pouvoir leurs passés sous le nez,

3. Bédié et les Akans qui disent que Guéi a volé le pouvoir en 1999 et qu’il leur revient de droit

4. Alasane et ses Nordistes-musulmans qui dans une tentative désespéré de vouloir faire reprendre les élections se font massacrés littéralement par les forces de l’ordre sur ordre de Laurent Gbagbo.

 

cartecotedivoire.jpg

 

 

Tous ces faits ont laissés des plaies grandes ouvertes ou des marques indélébiles dans la vie de tous les Ivoiriens. Le forum pour la réconciliation nationale ayant pour but de calmer la situation et apaisé les cœurs, n’a fait que mettre de l’huile sur le feu au vue des propos qui ont conduits à des positions plus figées.

C’est dans cet élan de défiance et de méfiance qu’éclata la crise armée lancé par les rebelles du MPCI depuis le nord du pays.

Aujourd’hui les rebelles semblent être entrés dans le droit chemin, les partis signataires des différents accords de paix et surtout ceux de Ouaga semblent œuvrer dans le même sens. Tous ces accords qui ont « calmés le jeu » ont pour but unique d’aboutir à des élections justes, ouvertes à tous et transparentes.

Bravo Messieurs… Vous avez réussi : Cependant, après « vos » élections, qu’en sera-t-il pour nos populations à qui vous avez menti et que vous avez blessés tant physiquement que moralement ?

La Côte d'ivoire, au delà de cette crise armée, souffre plus profondément d'une crise ethnico-religieuse formaté par les politiciens pour marqué leurs territoires. Cette crise créer sur la base du faux s'est malgré tous installé au fil du temps avec des éléments catalyseurs telles que cette sordide inventions qu'est l'Ivoirité qui a été utilisé comme tremplin par certains pour confirmer leur thèse qui présentait une Côte d'ivoire à multiples visages.

Il est temps de redescendre dans l'arène de la vraie réalité politique Ivoirienne. Sachez qu'on ne soigne pas le Sida avec des paracétamols sous prétexte qu'une longue fièvre est l'un des symptômes de cette maladie. L'idéale est de dire la vérité au malade pour ainsi lui donnez la chance d'utiliser des ARV en espérant trouver bientôt un remède définitif à son mal.

On s'attarde sur des détails au lieu de prendre les problèmes par ordre de priorité. Le plus dure arrive car les problèmes, les vrais problèmes de ce pays subsistent. Je ne vois pas quel accord international qui viendra faire disparaître ce climat de méfiance qui existe entre les ivoiriens. Beaucoup de choses doivent changer dans ce pays pour que les choses aillent mieux. Cependant il faudra, avec courage, donner le vrai diagnostic de la situation. En outre, ces élections organisées dans cette sorte de capharnaüm se présente comme un vrai détonateur pour cette bombe en latence.

Commentaires

Bonjour Claudus.
Analyse d'une pertinence digne d'un vari intellectuel.En un billet , tu résume notre situation et donne une ébauche de solution.
En vérité, nous réfusons pour le grand nombre de voir la vérité que nous savons.Pendant que nos oreilles entendent le bruit du moteur, nous refusons de regarder et d'accepter que ce soit un véhicule.L'on écoute trop souvent, nous braves candidats(BEDIE, ALASSANE et GBAGBO), sans leurs poser la question essentielle: quel est ton programme de paix?
Sincèrement, je pense que ces trois là n'y pensent pas un seul instant. Pour eux, je serai PRESIDENT, point. Mais enfin...
Oui, Claudus, permet moi de poser un lien de ce billet sur mon blog, de toute façon si tu me fais un procès , je l'assume....rires

Écrit par : hilaire | 11 juillet 2009

Merci Hilaire. C'est tellement gentil de ta part. En outre, sache que c'est pour moi un honneur que de poser un lien de ce billet sur ton blog que j'aime beaucoup.
Pourvu que le message passe.
Encore Merci ...

Écrit par : Claudus | 13 juillet 2009

Je pense que ce qui fera disparaitre ce climat de méfiance, ce reflexe ethnique, ce qui ramenera définitivement la paix, ce n'est pas l'élection présidentielle, quelque soit la transparence avec laquelle elle sera organisée, comme semble le croire la communauté internationale et nos hypocrites de politiciens; Mais ce que celui qui sera élu, fera de sa victoire. S'engagera-t-il dans une politique de rassemblement de tous les ivoiriens ou dans une politique insidueuse de revanche?

Écrit par : Abelkassi | 25 juillet 2009

Belle question Mr AbelKassi. Là encore se trouve un grand défi pour notre pays.
Pourvu qu'une vrai politique de rassemblement soit mise en place et conduite à terme.
Il est clair que ce ne sera pas une tâche aisée, mais il va falloir tôt ou tard s'y mettre: alors, le plus tôt sera le mieux.

Écrit par : Claudus | 27 juillet 2009

Claudus, j'ai un sentiment mitigé sur ton billet. A l'époque, occupé par mes examens de fin de semestre, je ne l'avais pas remarqué mais j'ai quelques réticences relativement à tes différents points de division. Oui, tes différents points de division ne sont pas toujours avérés.

Pour ma part, utiliser des antagonismes ethniques et religieux pour justifier, mieux expliquer, la guerre en Côte d'Ivoire, c'est à 60 % Faux.
Ces antagonismes sont peut-être à la base de la polarisation ethno-politique dans notre pays, mais la Guerre/la crise armée/les putschs sont le fait de certains politicards qui ont voulu utiliser des raccourcis "calamiteux" pour arriver au pouvoir.

La question qui importe ici est la suivante: " Est -ce que les ivoiriens sont prêts à accepter les principes démocratiques, ou veulent-ils les réinventer dans le sang et les kalachnikovs?"

Écrit par : Krathos | 05 septembre 2009

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Écrit par : Nicaise B | 07 septembre 2009

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Écrit par : Nicaise B | 07 septembre 2009

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