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03 novembre 2009

LES RISQUES DE L’ACCULTURATION MASSIVE DE L’AFRIQUE NOIR

Black Power, Fier d’être Noir, Négritude…

Black Power Fist.jpg

Superlatifs, Slogan et Idéologie noir… devenu leitmotiv Noir Africaine au fil des années relativement aux tristes souvenirs ou vécus tels que la traite des noirs et l’esclavage, la colonisation ou la ségrégation dans certains pays.

Je cogite, je m’interroge et je ne trouve plus la place, ni le bien fondé de l’utilisation de ces expressions comme abris ou mieux, comme bouclier quand on se sent acculé par l’occident tant notre Afrique Noir à perdu son essence culturelle et son authenticité.

Ma démarche ne consiste pas à comparer des cultures ou des modes de vie encore moins à en choisir une. Tous simplement je veux attirer votre attention sur un constat tellement en première ligne qu’on n’y prête pas attention : Notre sournoise mais massive et dangereuse acculturation.

Comment saluez-vous vos proches le matin ? lol

Regardez autour de vous… Faites seulement le bilan d’une journée de votre vie familiale du réveil au coucher.

Soyez pointilleux et passer tous au crible, comment parlez vous , ce que vous dites, ce que vous voyez, ce que vous sentez, ce que vous touchez, ce que vous buvez, ce que vous mangez, ce sur quoi vous vous asseyez …tous…

Quand vous aurez fini, faites une petite statistique et déterminez le taux d’Africanité de votre journée. Si vous atteignez 20 %, alors votre résultat est l’un des meilleurs.

Recommencez à souhait ce petit test et reportez votre meilleur résultat sur plusieurs années mais surtout son incidence sur votre progéniture et dites moi si vos enfants pourront apprendre votre langue à vos petits enfants : chose peut probable vue que certains parmi nous parle mal ou même pas leur langue .

Je me demande ce qui va se passer si l’un des rares peuples à ne pas avoir sa propre écriture se retrouvait dans deux siècles dans la situation ou il ne communiquerait qu’a travers une langue étrangère, la langue des autres.

C’est le cas aujourd’hui des fils et filles d’Afrique aujourd’hui Noir-Américain suite à la traite-negrière. Au fil des ans l’Africanité de ces hommes et femmes partis pour le nouveau monde s’est effrité jusqu'à sa disparition quasi-totale. Ils ont fini par se fondre dans le moule de leur nouvelle patrie laissant derrière eux ce passé pesant. Ils sont Américains et le thème Afro-Américain disparaitra bientôt.

C’est bien de s’ouvrir sur le monde et de greffer dans notre quotidien des habitudes venues d’une autre culture mais n’oublions pas l’essentiel, n’oublions pas qui nous sommes et surtout pensons à nos générations futurs.

Commentaires

Salut à tous,

Négritude par-ci, négrologues
ou négrité par-là, identité
Africaine ici...

Là n'est pas vraiment la question
de l'identité; en tous cas, pas dans
les mots,

mais dans les actes, les faits de tous
les jours.

Car, la culture, c'est la vie et elle se
vit avant tout, nécessairement !

Et, le test que vous proposez, reste
pertinent de ce point de vue.

La culture, c'est l'âme des peuples
(paraphrase de Senghor).

C'est pourquoi, il faut être éveillé,
pour vivre sa culture et la faire vivre.

Les pièges pour tuer une culture sont
nombreux et omniprésents, les
obstacles aussi.

Déjà dans le vocabulaire hérité ou
imposé, de la langue du colon, il faut
rester vigilant.

Quand vous dites par exemple, "ethnie",
pour désigner nos langues d'Afrique,

alors que vous dites "langues" pour
les autres, vous êtes aussi en plein
dénigrement de nos cultures (peut-être
sans le savoir ni le vouloir!).

La recherche du taux d'africanité,
passe aussi par une vigilance de
tous les instants et surtout,

par un effort constant, pour se
décomplexer vis-à-vis de l'autre
(non-Africain).

Alors, on pourrait redevenir plus
lucide, pour retrouver les particularités
de nos cultures,

les vivre au mieux et les transmettre
à notre postérité, sans toutefois, nous
couper du reste du monde.


Africainement,

B. S.

Écrit par : Ykigbo | 03 novembre 2009

Merci Mr Ykigbo... Merci pour ce commentaire vrai et très révélateur pour moi.
Je reviens sur un paragraphe de votre intervention:
Parlant de moi, vous dites:
"Quand vous dites par exemple, "ethnie",
pour désigner nos langues d'Afrique,

alors que vous dites "langues" pour
les autres, vous êtes aussi en plein
dénigrement de nos cultures (peut-être
sans le savoir ni le vouloir!)."

Quand vous insinué que je suis là inconsciemment peut être en plein dénigrement de ma culture, je dit Non.

Étymologiquement, une ethnie est un groupe humain possédant un héritage socioculturel commun, comme une langue, une religion ou des traditions communes.
Juste pour dire que l'ethnie englobe plus que la langue.

Là ou je suis d'avis avec vous, je le reconnais, j'ai assimilé ethnie à langue quand je dis:"certains parmi nous parle mal ou même pas leur ethnie".
C'est vrai que cet abus de "Langage" hérité de la colonisation comme plein d'autres choses porte à confusion.

Je suppose qu'il consistait à nous emmener à considérer nos langues comme secondaire, voir peu porteuse ou pire, inutile.
Et là, je crois qu'ils ont réussi.
Mieux vaut tard que jamais: on doit reprendre notre culture en main.

Écrit par : Claudus | 04 novembre 2009

Comme ça, je veux bien épouser ce que vous nous exposez là.Mais comment faire?
Parlant de nos langues, nous avons cet handicap de ne pouvoir ni écrire ( car cela pour beaucoup n'existe pas ou n'ayant pas de caractères spécifiques) , ni échanger avec d'autres.C'est vrai que vous me rétorquerez sur ce point, mais comment ce sont faites les échanges avant la colonisation entre nos différents peuples?
Je répondrai par le fait que tout s'est imposé et s'impose à nous.Les échanges et les éléments qui les codifient. Aussi la technologie s'est codifiée dans leurs différentes langues, ce qui nous oblige à les adopter.Par exemples, les asiatiques et arabes ont su avec le temps , acquérir cette technologies et les techniques qui en découlent, les traduisant ainsi dans leurs langues à eux.Conséquences , même sur l'internet, ils sont en train d'imposer leurs normes, alors aucun oubli.
Nous n'avions peut être pas eu cette chance, ce qui fait de nous des consommateurs, adoptant la forme qui se présente à nous.
Nous nous retrouvons , aujourd'hui tous trois pour des échanges sur la façon de faire la culture du café ou de la bananes pour être très compétitif ( par rapport à qui?), nous échangeons dans quelle langue, écrirons dans quelle langue, pour que les résultats soient publiés et présentés au monde entier.
C'est un réel problème de repère que de ne plus connaître sa langue, mais que devons-nous poser comme acte concret?
L'école dans son ensemble , en Afrique noir , est loin d'être le cadre idéal pour commencer cette réflexion ( les acteurs s'y perdent) , ainsi la société dans son ensemble "blasphème" les fondements de la culture , la notre, qui aurait pu être un des piliers de stabilité morale pour notre lendemain et celui de nos enfants et petits enfants .

Écrit par : hilaire KOUAKOU | 04 novembre 2009

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