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04 décembre 2009

OPPOSITION EN POLITIQUE DANS L’AFRIQUE DU MULTIPARTISME : CAS DE LA COTE D’IVOIRE D’APRES COLONISATION

La vie politico-économique de mon pays (du moins ce que j’en ai vécu ou appris) a été pour grand nombre d’Ivoiriens un véritable grenier lexicale évolutif au gré des situations de crises connues par notre jeune nation. Politico-économique parce que le constat élémentaire qui ressort de ma petite rétrospective est que le succès de l’exercice politique est plus que souvent assujetti à la santé financière des pays. Dans le même temps on pourrait dire vice versa du fait que, (selon moi) seul un schéma politique axé sur une certaine bonne gouvernance qui implique un cahier de charge voir un programme de gouvernement optimale au vue des acquis et des insuffisances du pays, pourrait assurer une santé financière suffisante, tout au moins acceptable.

Toujours est-il qu’il faut dans un premier temps avoir l’opportunité d’exercer son plan d’action sur le terrain pratique.

Le premier mot qui me revient à l’esprit est conjoncture. Mon père pourrait avoir une attaque cérébrale en l’entendant… Par la suite vinrent respectivement opposition, multipartisme, marche et grève syndicale, boycott actif, dévaluation, carte de séjour,  Ivoirité, mutinerie - coup de force - coup d’état - PC crise, couvre feu, transition, rébellion armée, mercenaire, Agoras et parlements,  Patriotes, martyrs , milices, amnistie, gouvernement d’union, refondateur, concomitance, Tandem… et j’en passe.

La chronologie de la disposition de ces mots peut à elle seule donner un aperçu non négligeable de la dégénérescence de la vie politique de notre pays. Ce mois ci, deux nouveaux mots viennent de s’inscrire sur cette liste peu reluisante : les opérations « Wourou Fâtô » (Chien enragé en Malinké) et « Bori-Bana » (Fin de course en Malinké).

Au vue de l’appellation de ces opérations, il est évident qu’elles ne sont pas de bon augure pour la quiétude des Ivoiriens. Ces opérations pilotées par les leaders de la classe politique opposante actuelle visent à contraindre le président en exercice à organiser des élections présidentielles dans les meilleurs délais suite à plusieurs reports. Par quel moyen ? C’est légitime dirait-on. Soit…

Ce genre de situation de bras de fer est de l’ordre du « noble » exercice démocratique. Alors on est censé le laisser se dérouler selon les règles internationales du régime démocratique. Peut être… mais comme le dit l’adage, à situation exceptionnelle mesures exceptionnelles car en Côte d’Ivoire, sous la pseudo gouververnance (à cause de la composition du gouvernement) du Président Laurent Gbagbo, le jeu démocratique a été faussé depuis l’attaque des rebelles du MPCI de l’actuel Premier ministre Soro Guillaume et l’occupation de la partie Nord du pays en 2002: quel rôle ont joué les leaders de l’opposition à cette date ?

Pour continuer mon analyse, je vais m’efforcer d’être le plus réaliste et impartiale possible pour aller au chevet de notre agonisant héritage commun : la Côte d’Ivoire.

cpc12.jpg

Concernant l’opération « Wourou Fâtô », quand le Président des jeunes du PDCI menace d’imiter Soro Guillaume, je me dis que la Côte d’Ivoire actuel et surtout celle de demain à un véritable problème si la relève politique censé tenir les rênes de cette nation dans un futur très proche tient ce genre de discours : ce n’est pas cela le PDCI RDA du président Houphouet Boigny le père de cette Nation. Je me pose la question de savoir ce que dirait ce grand homme s’il savait que son PDCI RDA est le parrain d’un mouvement politique dénommé Rassemblement des Houphouetistes (RHDP) avec en son sein le mouvement rebelle qui a ensanglanté et coupé son pays en deux depuis plus de 7 ans : je crois qu’il se retournerait dans sa tombe.

Oui on doit revendiquer, oui on doit manifester quand on est mécontent, oui on doit demander que nos dirigeants nous assurent le minimum...mais tous ça sans chercher à mettre à mal la stabilité du pays pour démontrer que le président en place est incompétent ou autre chose de négative: quand les choses en arrivent là, c'est toujours l'opposition qui organisent et formate ce genre de scénarios macabres. Et je ne parle pas spécifiquement de la crise actuelle…

La classe politique actuelle doit comprendre qu’opposant politique ne rime pas avec ennemi publique. Loin de là...
L'opposant ne doit pas être un ennemi d'état.
C’est totalement renversant d’entendre l’opposition revendiquer des élections présidentielles sans le désarmement des rebelles, opération qui selon eux peut attendre. Mon Dieu !!! Et ils argumentent en citant en exemple les cas du Congo, de l’Irak et de l’Afghanistan… Très édifient comme exemple.

Pourquoi ne prenons nous pas le temps de résoudre ce problème maintenant pendant que les rebelles et leurs amis du RHDP sont encore au gouvernement ?

Pourquoi le fait que le pays soit partitionné en deux et contrôlé en grande partie par Soro et ses rebelles est astucieusement passé sous silence ?

Pourquoi les armes encore aux mains des rebelles n'inquiètent pas le frileux RHDP ?

Faire des élections maintenant dans quel but précis ? Céder aux caprices du RHDP ?

Ils viennent d’avoir gain de cause à Ouaga avec la proposition d’une nouvelle date pour la tenue effective du premier tour de ce scrutin tant attendu. Ces accords ou contrats politiques merdiques signés ça et là et n'importe comment pour faire plaisir à je ne sait qui ne passeront pas devant les patriotes Ivoiriens qui n'ont pas encore oublié la nuit du 18-19 Septembre 2002 et ce qui s'en est suivi…

Oui on veut des élections pour respecter les termes de notre constitution vue que le tant imparti pour le mandat du président en exercice est arrivé à 'expiration'. Quoi de plus légitime dans un état de droit !!! Cependant que dit la constitution dans le cas de figure ou une partie du pays est contrôlée par une rébellion armée ?

La jeunesse a le plus grand rôle à jouer dans cette histoire en mon sens: hormis le fait de soutenir un groupe politique, il faut essayer de voir un peu plus loin et penser au futur de la nation avec ou sans son parti à la tête de celle ci.
Pour y arriver il va falloir se montrer réaliste et tirer la sonnette d'alarme quand vos familles politiques dépassent les bornes: ce n'est pas pour autant que vous les aurez trahis.
Cette tendance à soutenir sans faille les dérives des partis politiques sera peut être bénéfique pour eux mais pas forcement pour la CI d'Ivoire de nos enfants.
Il faut être Ivoirien avant d'être FPI, PDCI, RDR ou autre car ils finiront toujours par vous décevoir.
Je ne préconise surtout pas de ne soutenir aucun parti politique. Il le faut pour se sentir impliqué et concerné. Cependant on ne doit pas être des automates à la solde des politiciens.

Il faut que les Ivoiriens comprennent qu’ils représentent un vrai rempart face à cette politique du pouvoir à tous pris avec pour maitre mot: coup d'état et rébellion armée. Y'en a marre !!!

En outre, la classe politique opposante au pouvoir en place joue trop facile en essayant d’utiliser le Président Gbagbo comme Bouc émissaire pour porter seul le chapeau de la décadence à presque tous les niveaux de la vie dans notre pays.

Je crois qu'il est inappropriée et même déplacé de se permettre aujourd'hui de faire un bilan économique sous l'ère FPI ou Gbagbo. C'est le prix à payer quand l'opposition se ligue face au Président en exercice pour rendre le pays "ingouvernable" selon les propos de certains...
Combien de temps le Président Gbagbo et le FPI ont gouverné le pays selon leurs ambitions et leur programme de gouvernement depuis l'année 2000 ?
Deux ans sur 9 à ce jour avec pendant 7 ans une succession de gouvernement composés de ministres et premiers ministres Kamikazes venant de cette opposition ou soit disant de la société civile...
Tous cela quasi imposé par des accords qui étaient carrément des injonctions sous la pression d'organisations panafricaines ou d'organismes internationaux pour soit disant ramener la paix en Côte D'Ivoire. Qu'en est-il ?
Pour se défendre ils rétorquent que rien ne l'obligeait à signer ou entériner ces accords. Oui certes, mais il le fessait dans l'intérêt de la nation croyant en la bonne foi de l'opposition et des ses rebelles du MPCI.
Il a été naif ? Non.
Ses adversaires n'ont pas joué Franc jeu ? Certainement oui.

Quand un gouvernement est compose de parasites de l'opposition dirigée en première ligne par un premier ministre n'ayant pas la même vision politique ni les mêmes objectifs que le chef suprême, et cela depuis plus de 5 ans, alors on va tout droit et à vive allure dans un mur de béton...
L'opposition Ivoirienne a quémandé des postes ministériels, pas pour servir la nation mais pour servir de guichet-automatique pour le financement des activités et du train de vie royale des ses leaders.

Au lieu d'insister sur leur programme, venir à l'écoute du peuple et prendre le temps de cerner les problèmes, construire petit à petit des partis politiques solides et avec de vrais valeurs... non: on préfère créer des sortes de groupuscules politiques qu'on sait hexogène et pas très viable sur le long terme, juste de manière saisonnière pour prendre la tête de la course.
Pourquoi s'étonner que les politiciens ivoiriens voyagent d'un parti politique à l'autre ? Tous simplement parce que la plupart de ces partis politiques n'ont pas de vrai base ou idéologie.

Comparativement à ce qu'on vit aujourd'hui, j'aurais comme beaucoup d'Ivoirien préfér
é l'époque de mon enfance, l'époque de Papa Félix H Boigny ou apparemment tout allait bien: mais sachons que le temps n'est pas un oasis avec un point d'eau stagnant...
Le temps évolue avec son lot d'êtres et de choses qui trépassent. Mais tous ce qui subsiste ou nait est forcement et souvent fortement influencé par ce qui a vécu, ce qui a été vécu, fait et construit tant sur le plan matériel, physique et idéologique.
Alors pour savoir pourquoi tous va mal, ce n'est pas une certitude mais on peut trouver des réponses dans le rétroviseur de l'histoire politique de la CI.
Si on procède ainsi je vous assure que les opposants actuels  n'en sortira pas blanc comme neige.

Sachons qu’on ne doit plus attendre d'être président de la république pour apporter une pierre pour la construction de la nation qu'on souhaite gouverner. Quand on se "proclame" milliardaire avec des ambitions de Président de la république, on peut aider ces congénères au niveau financier ou doter son pays d'infrastructures de toutes sortes: cela ne sera que bénéfique d’une part pour le pays et d’autre part pour des 'points' lors de la campagne présidentielle.

Ps: A la prochaine réunion de Ouaga, de grâce que Soro Guillaume dise enfin officiellement aux Ivoiriens, le nom du monstre qui a acheté les armes qui ont servi à tuer aux heures chaudes de l'avancée des rebelles et qui continuent de tuer des Ivoiriens en Côte d'ivoire à travers le trafic de ces armes avec des gangsters de toutes sortes... après ces mêmes gens nous parlent de la recrudescence de l'insécurité à Abidjan comme s’ils étaient étranger à cela.

Commentaires

"Il faut être Ivoirien avant d'être FPI, PDCI, RDR ou autre car ils finiront toujours par vous décevoir.
Je ne préconise surtout pas de ne soutenir aucun parti politique. Il le faut pour se sentir impliqué et concerné. Cependant on ne doit pas être des automates à la solde des politiciens."
Je suis tout à fait d'accord avec cette analyse et ce passage en particulier. Mais comment le faire comprendre à cette jeunesse sans réelle repère que le "gombo" comme mode de vie et de subsistance.
Cette autre date forcée, me fait autant penser que , Ouattara et Bédié, vieillissant ,ne pensent qu'à eux et non à la vie de la Côte d'ivoire, quant l'ex-opposant historique Gbagbo lui ne pense qu'au pouvoir car incapable de faire un vrai bilan de sa gestion, pour proposer un réel programme "réfondateur" de gouvernement.
Devrons-nous penser à une alternative démocratique ou dirigeante plus consciente?
Laquelle? Où? Comment?

Écrit par : hilaire KOUAKOU | 05 décembre 2009

Moi je dois avouer que je suis parfois pessimiste.
Cependant je me force à garder espoir en une CI meilleure.
Ces élections qui seront tenues sont nécessaires de par notre constitution.
Donc les gens devront forcement se départager selon des lignes partisanes.
Ce qui est plûtot navrant c'est que quand bien même les candidats parlent de leurs programmes, ils perdent trop de temps à se tirer dans les "pattes".
Quand on connait notre peuple, on sait qu'il est prêt à donner sa vie pour ses héros et leaders.
C'est un peuple qui a faim de mieux-être . Il le veut maintenant. Il est donc impatient.
Quand on parle d'opération "Chien fous" dans de telles conditions on commet un acte criminel.
Des gens perdront la vie dans ce faux combat. Pendant ce temps le monde se developpe.

C'est vrai que j'ai mon candidat. Mais, je préférerais que les choses se passent dans la paix. La confrontation des idées aura peut être lieu. Mais de confrontation armée on n'en veut pas. Et puis, de toutes facons si nous en sommes la c'est de notre faute à tous.
Au lieu de se lancer résolument dans des réflexions visant à trouver des solutions novatrices à nos problèmes, on préfère attendre des messis tels ADO,HKB ou LG. Bien sur l'un d'eux est mon candidat préféré.
Pourtant en tant que société civile, nous aurions put les aider à écrire des programmes qui conviennent mieux au peuple. Une sorte de conférence nationale de la société civile où des groupes indépendants de réflexions issus de la société civile auraient put présenter des programmes plus consensuels que ceux issus des partis politiques. Cette meme société aurait ensuite put encourager les learder(LG,HKB,ADO) à promettre la mise en oeuvre de ce programme de la société civile.
En tout cas la société civile devrait s'impliquer plus et de facon pratique. C'est parce que nous concevons la démocratie comme un championnat de foot, pire un match de boxe que nous continuons de patauger dans la fange.
Vaut mieux que nous amenions les politiciens à nous écouter. Ceux d'entre nous qui ont les moyens de mobiliser ce genre d'action de la société civile, s'il vous plait agissez maintenant.
Notre manière de faire la politique, d'organiser les éléctions est trop confligène.
Il faut peut être que la société civile produise une forme de programme-plateforme et que les candidats soient amenés à présenter la manière dont il assureront la réalisation des objectifs stipulés par une telle plateforme. Ils devront aussi s'engager à respecter les directives d'une telle plateforme.
Ca c'est un debut.
Ensuite quand la stabilité politique le permettra, des changements au niveau constitutionel devront institutionaliser ce nouveau processus.
Ce sera un processus politique dirigé et controllé par la société civile. Les politiciens n'interviendront qu'au moment de la présentation de programmes se conformant à la plateforme de la société civile.
La mise en oeuvre du programme du candidat choisit, sera assurée par des spécialistes (economistes,cadre de la sante,etc...) non pas choisis par le président , mais plutot choisi par appel à candidature.
Ce que nous voulons par un tel processus extirper l'element arbitraire, financièrement intéressé et donc confligène du processus politique et électoral en RCI.
En fait, ce système va encourager le développement du pays. Pour vous dire la vérité, certains parmis nous perdront leurs privilèges. Mais c'est un sacrifice pour l'avenir.

Écrit par : paisible | 05 décembre 2009

Oui, paisible, je suis tout à fait en accord avec ton analyse, mais...
Ont-ils des oreilles pour nous écouter? Ils s'écoutent eux mêmes et sont seuls convaincus d'être le meilleur avec ce qu'il pense.
Sinon, ne penses tu pas que ce pays regorge de personnes capables de donner à la Côte d'Ivoire une alternative meilleure.
Quelqu'un qui n'aura en lui aucune vengeance personnelle vis à vis de l'autre.C'est une des grosses épines de notre démocratie.

Écrit par : hilaire KOUAKOU | 07 décembre 2009

Je pense que l'union fait la force. Si des gens de bonne volonté proposent une alternative qui sied au peuple, celui-ci suivra. Pour l'instant j'ai l'impression que le problème de notre démocratie est que nous comptons sur quelques personnes pour nous guider et que nous ne nous faisons pas confiance en tant que masse populaire.

Écrit par : paisible | 11 décembre 2009

arrete vos betise nous sommes tous desb ivoiriens et je pense que pour que la cote d ivoire sorte de cette crise il faut que bgagbo degge nous allons vivre mieux.alors je te le dit moi je ne suis en rien d accoprd avec ton analyse.

Écrit par : roxane | 21 février 2011

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