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18 février 2010

18 FEVRIER 1992 -18 FEVRIER 2010… 18 ANS D’UNE MARCHE HISTORIQUE

Il y a des anniversaires qu’on célèbre avec faste et joie. D’autres par contre rappellent des jours sombres et tristes : 18 février 1992. Cette date restera à jamais marquée de manière indélébile dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire

Suite à une terrible descente punitive (défénestration, brimades, viols,…) orchestrée de main de maitre par les para -commandos de Guei Robert sur la cité universitaire de Yopougon, l’opposition conduite par le FPI de Laurent Gbagbo, s’insurge et demande une enquête impartiale. Au vue de la gravité des faits, le Président Houphouet Boigny demanda effectivement cette enquête qui se solda par une conclusion indéniable : Guei Robert et ses hommes étaient coupables de plusieurs atteintes aux droits de l’homme.
Cependant comme par extraordinaire, Houphouët avait choisi de ne sanctionner personne : «Je ne peux pas retourner mon propre couteau contre moi-même » avait il dit en substance. L'opposition dénonça cette énième dérive et menaça de traduire sa désapprobation par une série de marches de protestation en bonne et dûe forme selon les lois de la république de Côte d’Ivoire .

Devant le mur érigé par le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara du PDCI-RDA face au dialogue et à l’application de la loi préconisée par le FPI, le 18 février 1992, à l'appel des principaux leaders d'opposition, Gbagbo, Zadi, Wodié, Moriféré...des milliers de militants déferleront sur la commune du Plateau. Il faut rappeler que cette marche avait été autorisée par l’Etat.
Face aux rumeurs de guet-apens préparé par le PDCI et aux menaces de mort, un certain nombre de leaders, bien qu'ayant appelés leurs militants à la marche, ne feront pas le déplacement du 18 février 1992. L'histoire retiendra par exemple sans se tromper queZadi Zaourou et Francis Wodié furent absents. 
Laurent Gbagbo et son épouse seront arrêtés et conduits au Commandement Supérieur de la Gendarmerie. Puis, sur instruction du Général Tani , les Gbagbo seront conduits à la caserne de gendarmerie d’Agban et deux jours plus tard, à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (un véritable chemin de croix… ) après une flagrante tentative d’assassinat et une bastonnade d’une barbarie sans nom, suite à des accusations fallacieuses. 
Michel le fils ainé de Laurent Gbagbo, venu s’enquérir de son état le lendemain, sera également écroué bien qu’étant absent à la marche du mardi Noir.

A la suite des ces évènements, la conférence de presse conduite par le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara fut un véritable étalage d’affabulations qui sentait le «prêt à emprisonner » visant à incriminer Laurent Gbagbo et son épouse. 

Vidéo de la conférence et commentaires du couple Gbagbo


La Marche du 18 Février 1992 à Abidjan par lgconnect


Mais le jour du procès, la partie immergée de cet énorme iceberg de mensonge préparé par le Sieur Alassane Dramane Ouattara, sortit des eaux abyssales de son manque de pudeur tellement glaciale. 
Ce jour là, Laurent Gbagbo entrait dans l’épreuve. Mais il en est ressorti vivant et grandi. Comme il le dit le plus tard : « Ce jour était pour moi un jour de tristesse en pensant à la Côte d’Ivoire, mais un jour de gloire pour les combattants de la liberté et de la démocratie.»

TEMOIGNAGE D'UN INTERAUTE
ADO est au pouvoir, une marche est déclenchée pour protester contre la tuerie et les barbaries perpétrées contre les étudiants de Yopougon et surtout l'attitude désinvolte du vieux, qui refuse de sanctionner les coupables courageusement désignés par l'un des seuls incorruptibles qu'ait jamais connu ce pays, le Juge HOGUIE Camille . Wodie et les autres planqués en politique se débinent, Koudou et Simone restent et marchent en tête.

La suite, on la connait. Koudou échappe à un assassinat, la balle qui lui était destinée le rate et après avoir ricoché sur le macadam, fait éclater la rotule d'une dame qui le suivait. Traqué, arrête et sauvagement battus, il manque encore d'y laisser sa vie. Simone est encore plus touchée.
Puis vient l'accusation, grotesque et puérile des juristes du PDCI , qui ne trouvent rien d'autre que de pondre, dans la précipitation, la fameuse Ordonnance no 92-80 du 17 février 1992 portant répression de certaines formes de violence, réplique de la loi française anti-casseurs qui instaure, contre tous les principes juridique, une responsabilité pénale du fait d'autrui, l'instigateur d'une marche devenant pénalement comptable des dégâts survenus pendant la marche, autant dire causes par les infiltrés .

Cette ordonnance , forgée a posteriori pour les besoins de la cause et prétendument signée la veille de la marche par un président Houphouët-Boigny déjà bien malade et à l’étranger, n'était en réalité qu'un faux grotesque, une véritable forfaiture de la part de Ouattara , qui démontrait déjà sa propension a recourir a la contrefaçon et aux raccourcis de toutes sortes pour parvenir à ses fins. Seul un esprit profondément malhonnête et amoral pouvait en effet tomber aussi bas.

Prise après les évènements mais antidatée , cette ordonnance constituait le fondement de la poursuite alors que, n’ayant jamais été publiée, elle ne pouvait être opposable aux prévenus. Coincé par l’évidence, Ouattara a donc du y renoncer pour faire recours à la co-action, notion totalement inapplicable a la cause, mais que nos juges, encore une fois, se sont empressés de retenir : l’ordre était d’emprisonner, ils l’ont fait, mais avec Gbagbo, la loi, leur indépendance et leur crédibilité se sont aussi retrouvées a la MACA .

Le procès, j’y étais. C’est la que pour la première fois j’approchais Gbagbo. Homme de grand charisme, revêtu d’une autorité naturelle, ses qualités d’orateur ont cantonné le collectif d’Avocats aux batailles sur les questions de procédure et de droit. Une fois qu’il eut parlé, il n’y avait plus « match ». Je revois Mme MAZOIN Thérèse, complètement dépassée par les événements, laissait transparaître une certaine panique lorsque le premier Avocat achève sa plaidoirie en citant Esaie 10 : « Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et aux magistrats qui transcrivent des arrêts injustes, Pour refuser justice aux pauvres, Et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple »
Gbagbo entrait dans l’épreuve. Il en ressortira vivant, grandi.

Commentaires

arrêté de distraire la population avec vos discours creux. on a fait les élections et koudou a perdu. nous on n'a rien à foutre avec ce qui s'est passé en 1992. il a perdu et il doit dégager. vous ne voyez pas la souffrance des ivoiriens par votre faute? que voulez vous faire de ce bel héritage du vieu Boigny? vous ne craingnez donc pas la colère de DIEU? Dites à votre KOUDOUS là qu'il ne represente plus rien pour la communauté musulmane et on l'a tous remarqué puisque personne ne l'a suivi dans sa bêtise.

Écrit par : tra lou chantal | 18 février 2011

Bel article, merci frère pour le rappel; le mensonge couvre la vérité mais ne l'étoufe pas! L'histoire s'écrira d'elle même.

Écrit par : Zia | 26 novembre 2011

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