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08 avril 2010

LES REBELLES NE DÉSARMERONT PAS: Enfin Guillaume Soro le dit

 

Soro foutaise5.jpg
CRISE IVOIRIENNE, SORO PARLE. Election présidentielle, Gbagbo, Ouattara, Bédié, Compaoré, désarmement, ex-rebelles: Le Premier ministre dit tout et ne lâche rien. Juste un semblant de lapsus calami au niveau de la chronologie qui devrait être « Désarmement - Election présidentielle » ou souci délibéré d’annoncer les couleurs quant au contenu de la longue interview du Premier Ministre Ivoirien et chef de la rébellion armée qui occupent une partie de la Côte d’Ivoire depuis 2002 ? Là n’est pas le plus important quoi que, c’est un lapsus bien révélateur.

Après lecture de cette interview accordé au journaliste François Soudan et publiée dans l’hebdomadaire « Jeune Afrique » N° 2569 du 4 au 10 Avril 2010, il ressort un élément clé: La rébellion armée conduite par l’actuel Premier Ministre Guillaume Soro ne VEUT pas désarmer avant les prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Et cela, je l’avais affirmé dans mon article intitulé « ALLONS AUX ELECTIONS » que je concluais en soutenant que : « On pourra faire 1.000 autres accords mais le MPCI des Com-zones ne désarmera pas. » 
Mieux, Mr SORO tente même de nous faire croire que cela ne va pas à l’encontre des différents accords de Ouaga. 

Morceaux choisis :
[…]le désarmement doit-il être un préalable à l'élection ?
L'accord que nous avons conclu est précis à cet égard. Les militaires issus des Forces nouvelles destinés à rejoindre les rangs de l'armée dite régulière doivent auparavant être encasernées dans quatre villes: BouakéSéguélaMan et Korhogo. La réunification physique entre les deux armées interviendra un mois après l'élection du nouveau président de la République. Voilà ce que dit l'accord de Ouagadougou. […]

Vous n'avez pas vraiment répondu à ma question.
Mais le chef de l'Étatque je sache, n'a jamais fait du désarmement un préalable à l'élection ! Dans tous les pays qui ont connu un conflit de ce type, que fait-on ? 
On définit une plate-forme sécuritaire minimale qui permette de tenir l'élection. On n'attend pas que le dernier soldat ait déposé son arme pour aller voter. Maintenant, s'il s'agit de rassurer le camp présidentiel, dont je peux comprendre certaines des inquiétudes, j'ajoute ceci: au nom des Forces nouvelles, je m'engage à ce que, le jour J, aucun électeur ne soit empêché d'aller déposer son bulletin dans l'urne et qu'aucune urne ne soit escamotée. Nous sommes même prêts à ce que l'ONU déploie dans le Nord un contingent supplémentaire faisant office de force de police. […] 
La question que je me pose est de savoir à quoi obéit l’actuel processus de sorti de crise ?
Il ressort bien évidemment que la sortie de crise doit être pilotée par le texte de l’accord de Ouaga et les différents accords complémentaires. Alors j’ai RELU l’accord de Ouaga, les annexes et tous les accords complémentaires : Selon l’accord de Ouaga et ses accords complémentaires, le chemin pour arriver aux élections est celui ci: DDR (DESARMEMENT, DEMOBILISATION, REINSERTION) puis Organisation des élections
Qu’en est-il à ce jour ?
Revenons point par point sur ces deux commentaires de Mr SORO . 
Il dit :
- « Les militaires issus des Forces nouvelles destinés à rejoindre les rangs de l'armée dite régulière doivent auparavant être encasernées dans quatre villes: Bouaké, Séguéla, Man et Korhogo »
Il a parfaitement raison, sauf que dans sa conférence de presse du lundi 22 mars 2010,Me Affoussy BAMBA Porte-parole des rebelles a déclaré : « Il faut souligner, que sur les 32.777 combattants FAFN profilés, 5.000 ont été retenus AU TITRE DES VOLONTAIRES POUR L’ARMEE NOUVELLE (VAN), et 27.777 doivent aller à la démobilisation. Sur cet effectif, 11.900 éléments ont été effectivement démobilisés dont 3.416 réinsérés, de sorte que 23.461 sont en attente de réinsertion faute de financement. .
EN CE QUI CONCERNE LES FAFN, les sites d’encasernement sont localisés à Bouaké, Korhogo, Man et Séguéla. Il faut noter à ce sujet que seul le site de Korhogo est réhabilité ET CEUX DES AUTRES VILLES, FAUTE DE MOYENS NE SONT NI REHABILITES, NI EQUIPES.
» Il dit :
- « La réunification physique entre les deux armées interviendra un mois après l'élection du nouveau président de la République. Voilà ce que dit l'accord de Ouagadougou. »
Sur ce même sujet, le QUATRIEME ACCORD COMPLEMENTAIRE A L’ACCORD POLITIQUE DE OUAGADOUGOU dit ceci en Article 6 du TITRE II. FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE : […]
En attendant leur intégration dans la Nouvelle Armée Nationale (donc la réunification dont parle M. SORO), les Ex-combattants des Fafn seront regroupés, sous le commandement de l'état-major des Forces Nouvelles appuyé par les Forces impartiales, pour une formation commune de base, dans les camps militaires de Bouaké, Korogho, Man et Séguela, à raison d'un camp par ville. […]

Donc sur les 4 sites d’encasernement, seul celui de Korhogo est fonctionnel27.777soldats rebelles n’ont toujours pas été démobilisés et 23.461 sont en attente de réinsertionEn gros, le DDR est loin d’être terminé alors les élections présidentielles encore plus.
La question est de savoir pourquoi le DDR stagne ? 
Cependant quand M. SORO proclame que :
« …le chef de l'État, n'a jamais fait du désarmement un préalable à l'élection! », je me dis que de deux chose l’une : soit c’est lui qui n'a jamais fait du désarmement un préalable à l'élection ou alors il n’a toujours rien compris aux accords qu’il a signé. Ce processus de sortie de crise n’a pas pour socle les causettes entre deux hommes ou des suppositions mais plutôt les accords politiques de Ouagadougou. 
Au TITRE II de l'accord COMPLEMENTAIRE A L’ACCORD POLITIQUE DE OUAGADOUGOU :
FORCES DE DEFENSE ET DE SÉCURITÉ:

Article 3: AFIN DE FAVORISER L'ORGANISATION DES ELECTIONS DANS DE BONNES CONDITIONS, LES DEUX PARTIES ONT CONVENU DE RELANCER, SANS DELAI et sous la conduite du CCI et la supervision des Forces impartiales, LE DÉSARMEMENT, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que LA DÉMOBILISATION des ex-combattants des Forces nouvelles. En tout état de cause, CES OPERATIONS DEVRONT ETRE ACHEVEES AU PLUS TARD DEUX MOIS AVANT LA DATE FIXEE POUR L'ELECTION PRÉSIDENTIELLE. » Alors de quoi parle M. SORO ?

- « Dans tous les pays qui ont connu un conflit de ce type, que fait-on ? On définit une plate-forme sécuritaire minimale qui permette de tenir l'élection. » … sécuritaire minimale ? Incroyable !!! 
Peut être mais en Côte d’Ivoire on a abouti à l’accord politique de Ouaga et il va falloir résolument les appliquer de manière concrète sur le terrain.
- « Au nom des Forces nouvelles, je m'engage à ce que, le jour J, aucun électeur ne soit empêché d'aller déposer son bulletin dans l'urne et qu'aucune urne ne soit escamotée » Le jour J des élections, l’intégrité territoriale sera totale en Côte d’Ivoire et ni le ministre de la défense, ni le ministre de la sécurité ne seront du MPCI, alors M. Guillaume SORO peut se décharger de cette tâche.

De manière non officielle mais très implicite, le Premier Ministre Guillaume SORO, chef de Guerre et Secrétaire Générale de la 2ème branche politique de la rébellion armée (MPCI) vient d’ouvrir la boite de pandore : lui et les hommes qu’on lui a confié ne désarmerons pas tant que l’instigateur en chef de cette situation ne sera pas Président. Alors le chef de l’état doit prendre encore une fois ses responsabilités pour consolider la paix, la réconciliation nationale et la libre circulation des personnes et des biens afin qu’on puisse travailler pour remettre notre pays sur pied. Ils ne veulent pas aller aux élections OK. Mais la Côte d'Ivoire doit continuer de vivre.

Commentaires

j'ai lu avec attention ton billet et je me pose la question de savoir si dans notre sortie de crise , ne se pose t'il pas un réel problème de confiance mutuelle entre le camp de l'ex-rebellion et le camp présidentiel?
Une crise de respect de la parole donnée de chaque côté.

Écrit par : hilaire KOUAKOU | 09 avril 2010

Tres cher claudus c'est vraie que les rebelles ne veulent pas désarmer, et toute la clique du rhdp est daccord avec cette stratégie. à la guerre comme à la guerre toutes la armes sont bonnes pour gagner la guerre q'elle na pas pu gagner par les armes. ce schema doit etre connu de tous meme de gbagbo et compaoré. Ont fait les élèctions dans cette condition pour que le resultat reviennent à Dramane ou rien et tu fais quoi ? si c'est pas allassane qui gagne rebelote on garde les armes et on continue. Ce que je me demande c'est pourquoi BGabgo sachant par les noubreuses preuves de mauvaise foi que son opposition et la rebélion armé à démontré continue de nous maintenir dans ce statut quo ou les seules perdants c'est nous. Qu'il prennent ces responsabilités pour nous boutter de gré ou de force cette soi disant rebélion muée en affairiste à la solde de dramane et au détriment des ivoiriens et de la cote d'ivoire. S'il veut attendre on fera vingt ans dans ca et nous on vieillis sans travail.

Écrit par : inza ouattara | 10 avril 2010

si le président prend pas de décision ferme on ne sortira pas de cette histoire de guerre

Écrit par : capitaine lova | 01 décembre 2010

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