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11 février 2011

Hosni Moubarak a quitté le pouvoir

Le président égyptien Hosni Moubarak a quitté ses fonctions et remis le pouvoir à l'armée, a annoncé vendredi 11 février le vice-président Omar Souleimane. Notre envoyée spéciale nous fait partager l'explosion de joie dans les rues du Caire


Scènes de liesse au Caire, devant le palais présidentiel, après le départ de Hosni Moubarak (UGARTE /AFP).

« Le peuple et l’armée main dans la main », « On a fait tomber le régime », une véritable explosion de joie a salué l’annonce rapide, pas plus de 20 secondes, du vice président Omar Souleimane déclarant à la télévision égyptienne : « Le président Hosni Moubarak a démissionné et remet ses pleins pouvoirs au conseil militaire de l’armée ».

Des centaine de milliers d’Egyptiens rassemblés sur la place Tahrir, brandissaient des drapeaux, s’embrassant pour fêter le départ du président Hosni Moubarak. Cris et pleurs de joie dans les rues du Caire. « Jamais je n’aurai cru que nous réussirions », dit Amina. 

« Nous avons réussi », dit un homme dans la rue avant de l’embrasser. Ils attendaient ça depuis 18 jours, depuis que des centaines de milliers d’Egyptiens manifestaient, jour après jour, sur la place Tahrir, épicentre de la révolution égyptienne, pour réclamer le départ de celui qui, pendant trente ans, a dirigé d’une main de fer le pays. 

Victoire du peuple

Une victoire du peuple égyptien pacifique, et psychologiquement épuisante. Jeudi 10 février au soir, alors que le premier ministre Ahmed Chafik et le secrétaire général du parti national démocratique (PND), Mohammed Hossein Badrawi laissaient entendre à tour de rôle que le président pourrait annoncer sa démission, le discours d’Hosni Moubarak vers 22h20 douchait leurs espoirs.

Dans un long discours, ressemblant à s’y méprendre dans sa première partie à celui qu’il avait fait précédemment, le président annonçait qu’il ne quitterait pas son poste mais déléguait une partie de ses pouvoirs au vice président Omar Souleimane. Un suspens terrible commençait alors. 

Mais la détermination des Egyptiens restait entière et toute la journée ils ont continué à se rendre soit place Tahrir, soit vers la résidence du président. 

Un régime déconnecté

Quand, en fin de matinée, les télévisions ont annoncé que le président et sa famille avaient quitté Le Caire pour Charm el Cheikh, la tension est montée d’un cran. Cela sonnait comme la retraite, un premier pas vers le départ définitif. 

Tout au long de cette longue crise, le président égyptien et son régime sont apparus complètement déconnectés des aspirations des gens dans la rue, jeunes, moins jeunes, toutes classes sociales et religions confondues qui aspiraient à la liberté, à la fin d’un régime oppressif, et l’exprimaient en des mots simples, des slogans plein d’humour et une fraternité qui les surprenait eux-mêmes.

La place Tahrir est devenue au fil des jours la « république Tahrir », un espace de liberté de parole, où les Cairotes venaient faire un tour après le travail, où restaient dormir sous des tentes de fortune, et malgré le temps souvent gris et humide. Où ceux qui ne pouvaient manifester, apportaient de la nourriture, des couvertures, où des médecins se relayaient pour assurer les soins. 

Explosion de joie

La « République Tahrir » avait aussi des airs de « festival Tahrir », avec ses dazibaos de slogans, ses artistes de fortune, ses concerts improvisés, ses orateurs comme à Hyde Park. 

Vendredi 11 février, dans les rues, les Egyptiens exprimaient, drapeau de leur pays à la main, leur fierté d’être égyptien et de s’être levé pour leur liberté, leur dignité et l’avenir de leurs enfants. L’Egypte , après la Tunisie ont ouvert la porte. Beaucoup dans le monde arabe doivent regarder avec envie l’explosion de joie et le bonheur des Egyptiens. 

Agnès ROTIVEL (au Caire)


Source: La croix

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