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19 octobre 2011

Abidjan a sa « Tour Eiffel »

Serey Eiffel brille dans l’ombre d’Alassane Dramane Ouattara.

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En quelques mois, le conseiller Français d’Alassane Ouatarra, Philippe Serey-Eiffel, a bâti ses réseaux d’influence au sein de l‘exécutif. Son bureau est désormais un passage obligé pour parler business et grand projets.

Bien qu’Alassane Ouattara n’ait pas fini de nommer tous ses conseillers, son shadow-cabinet est déjà bien garni. Chaque ministre a, pour ainsi dire, son pendant à la présidence, autour du grand ordonnateur Philippe Serey-Eiffel. Conseiller économique chargé des infrastructures, ce dernier n’a pas perdu en influence après son clash avec le premier ministre Guillaume Soro, le 7 Aout. Au contraire.

- Le Clash du 7 Aout : La lettre du continent N° 618 : ADO sous l’influence des sorciers Blancs Guillaume Soro s’agace.

"D’ordinaire flegmatique, le premier ministre Guillaume Soro a piqué une grosse colère le 7 Aout, allant jusqu'à menacer le chef de l’état de démissionner. En cause l’emprise des Français nommés à la présidence, chargés de gérer des domaines aussi stratégiques que le budget et les projets d’infrastructures. En ligne de mire, le conseiller économique Philippe Serey-Eiffel. Recruté en Mars en pleine atmosphère de pré-guerre civile, cet ingénieur des ponts et chaussées, directeur sous Houphouet-Boigny de la puissante Direction des grands travaux (ancêtre du BNETD), est perçu comme le grand vizir de la lagune Ebrié. Aucun dossier ne lui échappe, ses prérogatives faisant de lui un vice-président chargé des finances. Pour limiter cette influence, Guillaume Soro a adressé une lettre à tous les ministres de son gouvernement leur demandant de passer outre les instructions du conseiller. Ce qui n’empêche pas Serey-Eiffel de cultiver ses réseaux.Alors que deux ex-officiers de la Direction du renseignement militaire (DRM) françaises s’occupent des écoutes dans les sous-sols du palais présidentiel, le domaine de la défense est placé sous la responsabilité de Claude Réglat. Ce général quatre étoiles, ancien commandant des forces françaises au Gabon (FFG), accompagne ADO dans la délicate reforme de l’armée, au terme de laquelle, 10.000 «rebelles » devront rentrer dans les rangs. Bon Courage ! De son coté, le colonel Français Marc Paitier vient d’être rattaché au ministre de la défense, qui n’est autre que Guillaume Soro."

 

Cet ex-compagnon de route du président ivoirien et ancien vice-président de l’Institut pour l’Afrique (IA) fondé par ADO a vue ses prérogatives renforcées. Il vient d’être promu coordonnateur générale du corps des conseillers de la présidence. Un premier ministre bis en quelques sortes…

Ami du secrétaire générale de la présidence Amadou Gon Coulibaly depuis l’époque ou tous les deux travaillaient au Bureau d’études technique et de développement (BNETD), Phillipe Serey-Eiffel s’appuie sur Issac Deh, ancien cadre de la Banque Mondiale qui fut également conseiller de Charles Konan Banny. Deh est marié à la fille de Jean Konan Banny, ministre de la défense sous Félix Houphouet Boigny. Le super conseiller est également proche du conseiller diplomatique d’ADO Gervais Kacou, ex ambassadeur de Côte d’Ivoire en France et ancien ministre des affaires étrangères (PDCI) de Laurent Gbagbo. L’ex Ministre de la famille Jeanne Peuhmond appuie elle, Serey-Eiffel sur les questions sociales. Et le conseiller belgo-ivoirien Christian- Delmotte prend en charge celle relevant de la santé. Le frère du chef de l’état, Ibrahim Ouattara, dit «IBO», seconde le Français en tant que Directeur administratif et financier du palais. Philipe Serey-Eiffel pourrait renforcer son réseau d’ici la fin de l’année avec la nomination annoncée de personnalité du FMI et d’ex membres de l’IA.

Source : La lettre du continent N° 620

COMMENTAIRE : « Un vice-président, un premier ministre bis en quelques sortes…», telle est la description qu’on nous donne de Eiffel. En réalité, Eiffel vient de bâtir une autre tour du même nom en terre Ivoirienne – mais cette fois au dessus de la « Tour d’Ivoire » dans laquelle la France a installé Alassane Dramane Ouattara.

A l’évidence, la Côte d’Ivoire n’est plus notre. Notre pays n’est plus un « Etat-Nation » et ce pouvoir non souverain et illégitime s’efforce de ne jamais exprimer nos aspirations. Pourquoi ? Du fait que ce paravent de régime exposé à grand renfort de publicités mensongères comme étant le choix du peuple de Côte d’Ivoire, cache derrière lui cette réalité choquante ! C’est à se demander « Où sont passés les dits ‘technocrates’ du RDR ? » Aussi, les velléités de rétractation interne de Guillaume Soro face à cette invasion Française en Côte d’Ivoire traduisent l’ampleur de l’hégémonie en consolidation à nos dépens.

Bien qu’excessif, ce schéma est logique : l’occupant a imposé à la Côte d’ivoire des « gouvernants » et aux gouvernants il impose des « gouvernails » qu’il tient d’une main solide et ferme. Le prochain stationnement sur nos terres de 300 militaires Français rebaptisés  «éléments français de Côte d’Ivoire » sur la base de Port-Bouêt à Abidjan n’est que la confirmation du retour en force du néocolonialisme : il faut bien que la France protège ses intérêts sur son nouveau territoire d’outre mer qu’on devrait rebaptiser « Côte de Coq ».

Commentaires

pauvre cote d'ivoire, yako

Écrit par : logbo sylvie | 20 octobre 2011

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