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28 janvier 2012

Lire « Charles Onana » et comprendre que la privatisation des banques publiques de Côte d’Ivoire est un doigt d’honneur de la France aux Patriotes Ivoiriens.

C'est fait ! Maintenant c'est mieux qu'officiel ! Dramane Ouattara vient d'offrir notre pays la Côte d'Ivoire à Nicolas Sarkozy et aux lobbyistes Français !

En effet, DEPUIS PARIS, il a annoncé hier vendredi 27 Septembre 2012, la privatisation des banques publiques de Côte d’Ivoire !

Bradant TOUS les biens et symboles de la Nation Ivoirienne non encore « réaffectés» sous contrôle de la France, Alassane Ouattara est en train d'achever le boulot qu'il n'a pas pu finir en 1993 après le mort du Président Houphouët-Boigny.

Pour vous en imprégner, je vous propose de lire ces quelques paragraphes du livre de Charles Onana intitulé « Côte d’Ivoire – Le coup d’Etat »

 

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Alassane Ouattara : Sa gestion en tant que Premier MinistrePages 52- 59

[…]Le Président Houphouët-Boigny, qui doit gérer une situation économique difficile et prendre des mesures impopulaires, préfère, en bon tacticien politique, placer Alassane Ouattara à la tête du gouvernement. Cette nomination est aussi appuyée par les bailleurs de fonds internationaux qui savent qu’ils pourront imposer leur politique de restriction au vieux résident par le canal d’Alassane Ouattara. Ce dernier est déjà identifié comme un fidèle serviteur des institutions financières internationales. D’ailleurs comme premier ministre, il défendra davantage les intérêts du FMI et de la banque Mondiale que ceux de la Côte d’Ivoire.

[…] La désignation d’Alassane Ouattara sera l’une des plus grandes erreurs politique du « sage » Houphouët-Boigny. […] D’après certains économistes et observateurs, cette nomination intervient au moment où la Côte d’Ivoire traverse une crise économique sans précédent. […] Ouattara sera le fusible (de Houphouët-Boigny) à l’heure où l’austérité s’impose dans tout le pays. Le Premier ministre sera chargé de prendre des mesures impopulaires. Le véritable problème est que ces mesures se révèleront encor plus désastreuses que le mal qu’elles étaient censées éradiquer.

Un Rapport de l’OCDE décrit ainsi les résultats de la politique mise en œuvre par Alassane Ouattara à cette période :

« Dans une atmosphère d’agitation sociale, Alassane Ouattara annonce à la mi-1990 le programme négocié avec le FMI (…) Toutefois, l’ensemble de ces mesures dites d’ajustement interne sont insuffisantes à rétablir les équilibres internes et externes. Malgré les rééchelonnements de la dette, la Côte d’Ivoire n’arrive pas à honorer le remboursement de ses prêts, les arriérés de paiements extérieurs ne cessent de croitre, et le compte des opérations du Trésor français est déficitaire. (…) La fin du boom des prix du cacao, les erreurs d’appréciation des effets de ce choc et les choix de politiques macro-économiques erronés entrainent la Côte d’Ivoire dans une crise profonde de 1980 à 1993 »

[…] La brutalité de sa politique de privatisation va encore aggraver la situation du pays. Appuyé par le FMI et la Banque Mondiale, il s’engage dans le démantèlement des entreprises d’état dans tous les secteurs de la vie économique. Ce qui inquiète sérieusement les parlementaires Ivoiriens. En fait, les députés, toutes tendances confondues, redoutes l’intrusion dans LEUR pays, d’une forme de libéralisme sauvage dans un contexte d’incertitude économique. D’autre part, ils ne voient pas d’un bon œil l’importance que voudrait prendre, par le biais des bailleurs de fonds internationaux et des investisseurs étrangers, le Premier Ministre Ouattara dans la vie politique et économique de la Côte d’Ivoire. Ceci les conduits donc à attaquer de front la dimension la plus objective du débat politique : le dossier des privatisations directement piloté par Alassane Ouattara.

[…] Une session extraordinaire de l’Assemblée nationale est convoquée le 18 janvier 1993, conformément à l’article 32 de la Constitution, pour examiner la politique et le programme de privatisation du gouvernement. Même si l’on peut prêter aux députés des calculs purement politiciens, ils ont cependant de  vraies raisons de s’inquiéter de l’action du Premier Ministre Ouattara.  Après plusieurs auditions et différents débats houleux à l’Assemblée nationale, un rapport rédigé par la Commission des affaires économiques et financières sur « la politique et le programme de privatisations du gouvernement » soulève de nombreuses questions que nous livrons fidèlement ici :

1) Le contexte économique, financier et politique dans lequel s’opèrent les privatisations.

(…) les députés ne mettent pas en cause la privatisation contenue dans l’optique économique adoptée par le pays dès son accession à l’indépendance à savoir, le libéralisme économique et l’ouverture sur l’extérieur. Toutefois, les députés se posent la question de savoir si l’environnement macroéconomique est suffisamment concurrentiel pour induire  l’efficacité, la compétitivité et la productivité que le programme de privatisation se fixe comme objectifs fondamentaux. Par ailleurs, à la différence du point de vue du gouvernement, les députés estiment que le nouveau contexte politique appelle une adaptation du programme de privatisation afin de le rendre plus acceptable pour les Ivoiriens.

 

2) La stratégie des privatisations.

Les députés ne sont pas opposés au principe de la privatisation. Par contre, ils expriment de sérieuses réserves et inquiétudes quant à la manière dont le programme de privatisation est conduit par le gouvernement. Outre le cadre juridique que les députés contestent fortement, ils s’interrogent sérieusement sur la portée et l’ampleur du programme de privatisation. Les députés s’inquiètent de l’extension du programme de privatisation même aux secteurs de souveraineté nationale que sont l’énergie, l’eau, les télécommunications, les transports publics, l’audiovisuel.  Ces secteurs peuvent tomber entre les mains de quelques puissants groupes privés ou apatrides capables de porter atteinte à la souveraineté nationale. Les députés citent à titre d’exemple la suspension de fourniture de courant électrique dont vient d’être l’objet la CI-TELECOM. Cette coupure d’énergie à la CI-TELECOM, qui a isolé la Côte d’Ivoire du reste du monde, a fait redouter à l’extérieur un changement politique majeur par un coup d’Etat dans le pays.

Les députés se demandent aussi pourquoi le gouvernement veut privatiser certaines entreprises qui ne sont pas déficitaires, propose des entreprises à privatiser alors que les audits et les études nécessaires pour en déterminer l’impact économique et social ne sont pas  encore disponibles. Ils ne comprennent pas pourquoi l’Etat veut se retirer des entreprises dont une partie des objectifs est d’assurer des services sociaux.

Enfin, ils relèvent que l’Etat veut se désengager des activités productives dans le souci de réduire le poids du secteur public dans l’économie nationale alors que les proportions respectives des secteurs privé national et étranger ne sont pas fixées. En retenant uniquement les critères de rentabilité financière, le programme de privatisation abandonne les notions de souveraineté, de développement et de promotion humaine qui sont les finalités de la politique nationale.

 

3) La mise en œuvre du programme de la politique nationale.

Les députés relèvent un certain nombre de faiblesses dans la mise en œuvre du programme de privatisation portant sur : l’absence du secteur bancaire dans le comité de privatisation ; le risque de braderie du patrimoine national et d’appauvrissement de l’Etat ; la cession directe des parts de l’Etat aux acheteurs privés étrangers au lieu d’une location-gérance, de contrat de gestion, du bail ou de la concession ; l’absence de l’optique de restructuration financière ou technique. Les deux dernières formes de privatisations garantissent autant l’efficacité, la rentabilité, la productivité que la compétitivité. D’ailleurs, la privatisation par fragmentation en unités de taille raisonnable assure également de meilleurs résultats et un plus grand impact économique et social qu’une privatisation en bloc. En ce qui concerne le mode de cession, ils rejettent le marché de gré à gré, même pour des raisons d’urgence et s’étonnent que la bourse des valeurs d’Abidjan ait joué un rôle très limité dans le processus. Enfin les députés relèvent que le portage de parts est souhaitable. Mais ils s’inquiètent que cela soit fait par le relais de sociétés financières étrangères dans lesquelles les investisseurs étrangers potentiels détiennent aussi des participations. Les députés estiment que cet état de fait peut conduire à terme à un actionnariat essentiellement composé de quelques personnes (physiques ou morales) et favoriser des délits d’initié au profit de ces personnes.

4) L’impact économique et social du programme de privatisations.

Les députés font leur propre analyse des cinq privatisations déjà réalisées pour en dégager les conséquences sociales. En effet, ils notent que les modalités de privatisations conduisent à des monopoles ou ne changent pas la nature monopolistique des entreprises après privatisation (CIE, SODECI). Ces monopoles privés ne sont pas différents des monopoles d’Etat. Par conséquent, il n’est pas exclu que les pratiques de ces nouveaux monopoles conduisent directement au renchérissement des prix à la consommation pénalisant de ce fait les ménages. En outre, les députés relèvent que la cession de ces monopoles d’Etat à des repreneurs privés étrangers rend peu probable le développement d’un actionnariat national. Ils soulignent le danger réel que représente pour la Nation la concentration des entreprises ivoiriennes entre les mains d’un seul groupe.

Soulignant que les objectifs sociaux ne sont pas compatibles avec les bénéfices privés dans les monopoles privés, le programme d’électrification rurale est sérieusement compromis à cause de l’attribution de l’électricité au groupe Bouygues. En outre, les transferts importants de ressources financières consécutifs à cette privatisation risquent de perturber l’endettement de l’EECI inhérent au renouvellement de ses équipements. D’ailleurs, les députés voudraient connaitre le montant des recettes des privatisations, et l’utilisation qui en est réellement faite. Ils se demandent pourquoi les produits des privatisations sont domiciliés auprès de la Banque centrale et de quelques banques commerciales et non pas auprès du Trésor Public. Ils veulent savoir qui contrôle l’utilisation de ces produits. En ce qui concerne les emplois, les députés ne sont pas sûrs que les privatisations effectuées aient conduit à la consolidation des emplois ou qu’elles en aient créé réellement. Bien au contraire, ils notent que la privatisation de ces entreprises s’est le plus souvent accompagnée de licenciements sans possibilité de reprise (CIE) ainsi que la réduction ou la suppression des activités de sous-traitance dont bénéficiaient les Petites et Moyennes Entreprises Ivoiriennes (CEI).

De même les députés font observer qu’avec la privatisation des entreprises publiques disparaît le rôle d’encadrement technique de l’Etat, surtout dans les exploitations agro-industrielles.

(…) Enfin, les députés s’inquiètent d’une possible aliénation du patrimoine foncier dans le cadre de ce programme de privatisation. C’est par rapport à toutes ces préoccupations que les députés demandent que soient redéfinis les fondements juridiques des privatisations (…) FIN

A ce jour en 2012, quels sont les fondements juridiques qui permettront les prochaines  privatisations qu’Alassane Ouattara compte exécuter ? La question mérite d’être posé dans un état NORMALE ; mais il serait illusoire voir drôlement utopique d’espérer une réponse du pouvoir despotique en place qui n’a de réponse que la face la plus hideuse de la violente barbarie.

Les quidams de la nation qui pouvaient espérer faire entendre leurs voix par l’entremise des hommes politiques se retrouvent dans un état sans Assemblée Nationale opérationnelle, pis, avec une opposition politique bâillonnée.

De toute évidence, c’est décision d’engager cette nouvelle politique de d’avilissement par le démantèlement des banques publics de Côte d’Ivoire à un sens plus politique qu’économique : et il se retrouve dans le même livre de Charles Onana.

 

-EXTRAITS Chapitre « Justin Koné Katinan » : Pages 307 - 312

Justin Koné Katinan, le chef d’orchestre de la résistance bancaire en Côte d’Ivoire. […] Selon un diplomate européen en poste à Abidjan, « ce jeune homme originaire du nord est une pièce essentielle du gouvernement Gbagbo. Il a été approché par les services de renseignements américains et par les Français dans l’espoir qu’il rallierait le camp Ouattara. Rien n’y fait. Il a gardé une loyauté incorruptible vis-à-vis du président Gbagbo. Même le chantage et les menaces sur sa famille et ses parents ne l’ont pas fait changer d’avis ».

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Ce patriote ivoirien, encouragé par le ministre de l’économie et des finances (Désiré Dallo), est plutôt devenu l’adversaire le plus coriace des dirigeants bancaire français. Alors que les propositions alléchantes des mentors d’Alassane Ouattara lui garantissaient un avenir certain après Gbagbo, il a préféré le choix difficile de la légalité et de l’adversité pour défendre la souveraineté de son pays.

Justin Koné Katinan –  Je me rappelle ces commentaires de Rfi : « Les autorités ivoiriennes ouvriront leurs banques et se retrouveront devant des écrans noirs. Elles ne pourront rien y faire ». Propos d’un pseudo spécialiste comme la France sait aussi en produire. J’ai pris ces propos à la fois comme une injure et un défi personnel à relever. Dix jours plus tard, la BICICI es ouverte et tous les soldes des clients reconstitués. […] Une semaine plus tard, la SGBCI est de nouveau ouverte à la clientèle. Les autres banques vont commencer discrètement à négocier leur réouverture. A la fin du mois de Février, tous les fonctionnaires et agents de l’Etat sont payés intégralement »

Pour la première fois dans l’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante, le gouvernement remporte une bataille extrêmement difficile contre les banques françaises. Cette victoire est réellement importante pour les Ivoiriens car beaucoup de hauts responsables français étaient convaincus qu’ils ne réussiraient jamais à déverrouiller le système informatique en place.

Pour Katinan : « Cette crise nous aura permis tout au moins de savoir que la Côte d’Ivoire est un Etat solide s’il est gouverné par des hommes sérieux ayant seulement le souci de servir le peuple et détachés des liens occultes avec un système de domination »

[…] Economiquement, le gouvernement du Premier ministre Aké N’Gbo a battu la France dans l’affrontement bancaire qu’elle avait imposé. Furieuse de constater son échec, la France s’est rattrapée sur le plan militaire.

Katinan : Cette crise a vraiment permis de mesurer la compétence des cadres ivoiriens, notamment ceux du ministère de l’économie et des finances. La mobilisation de ces cadres, indépendamment de leurs origines ethniques ou religieuses et de leurs opinions politiques, témoigne de leur respect et de leur haute considération de l’Etat.

[…] Nous avons travaillé non pas pour un homme, comme certains peuvent le croire, mais pour l’Etat et pour la patrie. FIN

OUI, « pour l’Etat et pour la patrie »  le gouvernement du Premier ministre Aké N’Gbo a lutté et est arrivé à battre la France dans l’affrontement bancaire qu’elle avait imposé. Comment y est il arrivé ? En sollicitant dans un premier temps le concours des cinq banques nationales que sont la BNI, la CECP, la BFA, la Versus Banque et la banque du Trésor vers lesquelles ont été délocalisés les comptes des 155.000 fonctionnaires et agents de l’état, y compris les pensions des retraités, lorsque les banques Françaises ont  abusivement fermés leurs agences sur tous le territoire nationale pour  pousser la population à la révolte une fois privé d’argent et affamée par la suite. Tel a été le Joker qui a donné le temps aux hommes de Koné Katinan pour arriver à « démystifier » le system informatique des banques Françaises installés en Côte d’Ivoire.

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Par la privatisation de ces banques publiques, Alassane Ouattara exécute une belle danse pour répondre de fort belle manière à la parade nuptiale organisée par Nicolas Sarkozy pour le recevoir à Paris. Prosternant ainsi toute la nation Ivoirienne au pied de la tour Eiffel, lors de cette offrande sacrificielle, Ouattara qui se veut être une sorte de Préfet taillable et corvéable à merci, offre ainsi à ce qu’il convient d’appeler « la métropole de l’état vassal qu’est ‘devenu’ notre pays », l’unique trophée que les patriotes et résistants Ivoiriens ont dignement gagné face à la France. Il garantit de ce fait à Sarkozy que plus jamais il n’y aura d’affrontement bancaire entre la Côte d’Ivoire et la France ; aussi, plus jamais la France n’aura à avoir honte d’avoir perdu une bataille face à la Côte d’Ivoire dont tous les attributs pouvant la conduire à son auto-détermination sont rentrés à nouveau dans le giron de l’empire Français !

Commentaires

Merci pour l'extrait. Tristes temps pour la rci et ceux de ces enfants a qui il reste de la dignite'. Se rendre en France pour annoncer la privatisation des banques d'Etat... Il avit peur de le dire ici? Ou bien il a trop de mepris pour le Noir. Frantz Fanon aurait aime' etudie' le cas Ouattara.

Écrit par : affairage | 09 février 2012

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