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08 mars 2012

Dérive dictatoriale du pouvoir Ouattara: Laurent Akoun arrêté hier à l’aéroport

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M. Laurent Akoun, Secrétaire général du Front populaire ivoirien (Fpi, parti fondé par le président Gbagbo), a été interpellé hier à l’aéroport de Port-Bouet et conduit à la Direction de la Surveillance du Territoire (Dst) à Cocody. Il a été arrêté à sa descente d’avion alors qu’il rentrait d’un séjour à l’extérieur, notamment au Ghana où il était allé saluer les cadres exilés de son parti. Il était 16 h 25 min, quand M. Akoun est arrivé à la DST en compagnie de son responsable du protocole, à bord du véhicule du commissaire Touré de l’aéroport. Une Peugeot 406 immatriculé 8938 FL 01.

Partis l’accueillir à l’aéroport où son avion avait atterri à 14h40, les collaborateurs du secrétaire général du Fpi dont MM. Tchéidé Jean Gervais, Secrétaire national aux Finances, et Tapé Kipré, Secrétaire national chargé des Elections, n’ont pu échanger avec lui. C’est au téléphone que Laurent Akoun les a informés qu’il avait été conduit dans un bureau par un policier et qu’il ne comprenait pas ce se passait. Un autre policier avait été chargé d’aller récupérer ses bagages sortis de la soute. Au même moment où Tchéidé et Tapé arrivent au bureau en question, le commissaire Touré informe Laurent Akoun qu’il est temps de partir. Ils n’ont pas le temps de parler à leur camarade. Bien entendu, le commissaire Touré qui semblait exécuter des ordres a tenté de rassurer tout ce monde sur les intentions de la Dst. Il a notamment expliqué que Laurent Akoun devait avoir un entretien avec le directeur de la Dst. Or, ce dernier est sorti de son bureau dix minutes avant l’arrivé du véhicule qui ramenait Laurent Akoun de l’aéroport. Les cadres et militants qui, presque instantanément informés, ont accouru à la Dst et l’équipe de Notre Voie ont été « poliment » priés d’attendre à l’extérieur des locaux. Même l’avocat Dako Zahui Toussaint venu assister son client a été éconduit. Il n’a pas été autorisé à s’entretenir avec Laurent Akoun, ni à l’assister pendant son interrogatoire. Il a même été prié de sortir de la cour de la DST.

Au moment où nous mettions sous presse, M. Akoun était toujours gardé à la DST et rien n’indiquait qu’il allait être remis en liberté.
Selon des sources proches de l’aéroport, le régime Ouattara reprocherait au Secrétaire général du Fpi d’avoir séjourné «pendant trop longtemps à Accra », c’est-à-dire du 2 au 8 mars, soit un voyage de six jours au Ghana. Selon ces indiscrétions, le régime soupçonne Laurent Akoun d’avoir effectué le voyage d’Accra «pour chercher de l’argent » ! En tout cas, c’est autour de ce thème que les premières questions pausées à Akoun au sein même du bureau de la Dst à l’aéroport ont tourné. « Voilà que sous Alassane Ouattara, l’homme supposé providentiel et imposé par bombardements pour enrichir les Ivoiriens, chercher de l’argent est devenu un délit en Côte d’Ivoire. Qu’avons-nous fait à Dieu pour nous infliger une telle humiliation ?», s’interrogeait, hier, notre informateur de l’aéroport.

Sur les motifs du voyage de Laurent Akoun, M. Jean Gervais Tchéidé nous a appris qu’il s’agit, « le plus officiellement du monde, d’aller échanger avec nos camarades exilés au Ghana pour leur rendre compte des activités menées par le parti sur le terrain et recueillir leurs avis et suggestions sur la vie du FPI en Côte d’Ivoire ». Dans le même registre, le président intérimaire du FPI, Miaka Ouretto, lui-même, ne vient-il pas de séjourner en Europe où il a pu rencontrer le président Gbagbo renversé par l’armée française et enfermé à la prison de la Cour pénale internationale (Cpi) à la Haye ? Mais tout le monde à bien compris. Ouattara et ses affidés, faiseurs patentés de coups d’Etat dans l’opposition, recherchent, désormais au pouvoir eux-mêmes, chaque jour, des faiseurs de coup d’Etat. Terrorisés par leur propre passé de financiers de rébellion, ils soupçonnent, à tort, le porte-parole du Fpi de chercher de l’argent pour lever aussi une rébellion contre eux. Ils sont si tétanisés à l’idée de voir des gens jouer sur leur terrain favori, le terrorisme, qu’ils ont oublié que depuis sa création, le Fpi n’a jamais monté de rébellion armée ni perpétré de coup d’Etat parce qu’il croit fermement à «la transition pacifique à la démocratie», à la force du verbe et au triomphe des urnes dans un Etat dit civilisé, avec des hommes civilisés.

Bien entendu, il ne faut pas exclure le fait qu’avec cette arrestation, Alassane Ouattara peut être en train d’amuser la galerie, comme à son habitude, quand il prépare un coup tordu contre la démocratie et la réconciliation nationale dans le dos des Ivoiriens. En novembre 2011, il avait fait arrêter les journalistes de Notre Voie, créé la diversion pour opérer en toute traitrise le transfert illégal du président Gbagbo à la Cpi. Aujourd’hui, c’est le Secrétaire général et porte-parole du Fpi, le député Laurent Akoun, qui fait les frais d’une arrestation sans raison pour un chef d’Etat en train d’opérer un remaniement ministériel.

Notre Voie: César Etou et Guillaume T. Gbato

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Finalement, Mr Laurent Akoun a été libéré le même jour ! mais après quoi au juste ? Selon les informations en notre possession, Mr Akoun aurait été conduit vers une destination inconnu avant d'être plutard transféré dans les locaux de la DST au Plateau. Ses deux téléphones portables et son ordinateur portable auraient été confisqués.

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