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09 mars 2012

Côte d’Ivoire : Le Nouveau ‘Abidjan’, la perle des lacunes.

Comme il est coutume de constater dans toute bonne ancienne colonie Française d’Afrique Noir Sub-Saharienne, la capitale économique est en générale un baromètre tous azimuts permettant sans ambages d’observer, voir et toucher la réalité globale du pays. Abidjan la capitale économique de la Côte d’ivoire, ne déroge pas à cette règle non écrite. Aussi, à la lecture de ce qu’il nous est donné de voir, l’honnêteté intellectuelle voudrait que nous soyons tous très préoccupés, voir justement inquiets.

Le peuple de Côte d’Ivoire peut se permettre de dire qu’il est intelligent. Il reconnaîtra certainement avoir commis des erreurs dont il a visiblement minimisé la teneur ; des errements politiques d’une frange de notre population,  mais qui constituent en ce moment une ultime douleur nationale sur laquelle ce pays profondément divisé  s’accorde, nonobstant ces considérations tribales, religieuses et politiques instrumentalisés à grand renfort médiatique depuis des années, et qui ont fini par dégradé le tissu social.

La désespérante insécurité :

Depuis le 11 Avril 2011, Alassane Dramane Ouattara est le chef d’un état de Côte d’Ivoire qu’il a « voulu et rendu ingouvernable » depuis l’an 2000, date à laquelle Laurent Gbagbo accède au pouvoir par la voie des urnes.

Pour sa guerre contre les institutions de la république et celui qui les incarnent au plus haut niveau, Ouattara a fait des choix de marginal hyper introverti qui fait passer sa quête personnel avant l’intérêt d’une nation en construction qui avait besoin de tous, sauf d’une guerre de près de dix ans.

Pour cette funeste entreprise de conquête du pouvoir par la force des armes, Mr Ouattara a improvisé avec une armée de chasseurs traditionnels (Dozos), de rebelles barbares rompus à l’art malsain du crime facile, d’analphabètes ne sachant rien des conventions concernant les lois et coutumes de la guerre et de quelques félons de l’armée régulière qui ont tourné le dos au drapeau nationale pour porter le triste costume de mercenaires d’un nouveau genre.

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Cette brutale rébellion armée lui est resté fidèle jusqu'à l’enlèvement du Président Gbagbo par les forces militaires Française au cours de la crise « dite » postélectorale qui s’est révélée être l’assaut final de l’armée de Ouattara contre le régime démocratique en place.Sauf que, une fois le Président Gbagbo renversé, les rebelles (rebaptisés Forces Républicaine de Côte d’Ivoire – FRCI)  de Mr Ouattara vont se livrer à des exactions d’un autre âge : massacres de populations civiles, pillages, viols, exécutions sommaires, etc … Mais les crimes de ces rebelles seront maladroitement justifiés pour certains et couverts pour le plus flagrants.

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Face à l’opinion, le revers de la médaille est un camouflet cinglant pour Ouattara qui avait ainsi donné « le droit de  tuer » à ces nouveaux seigneurs de la gâchette facile qui avaient investi tous le pays et Abidjan en particulier. L’impunité étant devenu mère des crimes gratuits, les rebelles FRCI boostés à l’adrénaline que semble leur donné l’image du pouvoir sans fin de leur « Chef » Alassane Ouattara, vont traumatiser Abidjan et le pays tout entier pendant de longs mois avec au compteur des civils tués au quotidien pour des raisons souvent puérils, banales.

Dans l’euphorie généralisé dont le bonus consistait à « prendre » sa part du gâteau que constitue la zone sud et les régions forestières de la Côte d’Ivoire, rebelles et Dozos convergent en masse respectivement vers Abidjan - San Pédro (zones portuaires du sud) et Vavoua – Daloa – Duékoué – Soubré – Méaguy (zones forestières de production de Café et Cacao). Sous l’œil bienveillant et le silence coupable du pouvoir Ouattara et des forces Onusiennes, ces saltimbanques de la nouvelle Côte d’Ivoire feront mains basses sur tous ce qu’ils désirent, du vulgaire téléphone portable arraché à un passant jusqu'à l’expropriation de terres cultivables à des villageois sur la terre de leurs ancêtres.

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Les morts vont se compter par centaines dans les rangs de ces Ivoiriens « coupables » du simple et démocratique fait d’avoir soutenu Gbagbo et les institutions légales de la république de Côte d’Ivoire. Une véritable chasse à l’homme pour débusquer les voix discordantes va faire encore des morts en cascade, des prisonniers privés de leurs droits élémentaires et pour les plus chanceux, des milliers de réfugiés et exilés politiques.

Toutefois, au bout de six mois de terreur sans fin contre les « Pro-Gbagbo », ces FRCI dits « ex-rebelles », enivrés par la sève du pouvoir des armes conjugués au manque de codes et d’orientations crédibles, vont continuer tuer. En début du mois de Septembre 2011 Alassane Ouattra sonne la récréation  en annonçant le retrait de l’appellation FRCI (Forces Républicaine de Côte d’Ivoire) pour revenir au fondamentaux de l’armée régulière : FANCI (Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire). Certainement de l’alpinisme politique visant à casser le thermomètre pour faire baisser la température, ou autrement une vulgaire tentative de cacher d’une petite main ensanglantée, les vastes crimes des FRCI en leur donnant de nouvelles tenues. Cette mesure est théâtralement annoncée comme la panacée à la gangrène incurable que sont devenus les rebelles qui défigurent le paysage sécuritaire Ivoirien. En dépit de cette lueur d’espoir pour les millions d’Ivoiriens qui continuent de vomir ces rebelles armées, cette annonce va se révéler être de la tragi-comédie. Au contraire on assistera à une recrudescence de nouveaux crimes des FRCI à Abidjan et dans les zones assiégés.

Finalement, dans leur excès de zèle, les FRCI vont commettre à Vavoua (Ville occupé par la rébellion armée depuis 2002) des meurtres contre des citoyens non identifiés comme étant Pro-Gbagbo et surtout pour des raisons tenants de faits divers ordinaires. Le 18 Décembre 2011, le jeune Fofana Adama (26 ans) meurt après avoir été tabassé par des éléments des FRCI lors d’une patrouille. Pacifiquement, la population se soulève alors pour exprimer son légitime ras le bol. Les FRCI qui n’ont jamais été formés aux techniques de maintien de l’ordre répriment ce rassemblement populaire à coups de kalachnikovs ; cinq morts par balles sont dénombrés. Le voile se déchire aux yeux du monde et la Côte d’Ivoire est en émoi.

Face à cette bavure (mort de 6 personnes présumées proches du Rdr ) qui vraisemblablement ne figure pas dans le cahier de charges des crimes tolérés par le pouvoir, bien que maladroitement, Ouattara dans une nouvelle tentative affichée mais peu crédible de mettre fin aux exactions des FRCI, intime l’ordre à son chef d’état major d’encaserner les rebelles dans un délai de 48h à compter du 19 Décembre 2011 ; Rien n’y fit. Face au statu quo qui mettait gravement en péril son autorité face à sa propre rébellion, Ouattara abdique et prolonge ce délai de deux semaines à compter du 29 Décembre 2011 ; délai au bout duquel, les FANCI n’existent que de nom, les FRCI ne sont pas tous encasernés encore moins désarmés.

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Quel est l’intérêt pour un analphabète soldat rebelle sans solde de se faire encaserner vue qu’il est conscient de ne pourvoir être enregistré dans les rangs de la nouvelle armée Ivoirienne en projet ? Pourquoi rendra t’il son arme qui représente son seul moyen de pression sur les victimes qu’il rackette ou dépouille pour vivre ?

Face à cet imbroglio inextricable, Alassane Ouattara crée la Police Militaire à la tête de laquelle il nomme le Dozo et Chef de guerre Koné Zakaria.

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Cette entité est censé faire la traque des « faux FRCI » ; entendez par là « soldat rebelle qui refuse de déposer son arme ». En quelque sorte, le chef rebelle Koné Zakaria est chargé de faire un désarmement forcé des rebelles. Il est évident que cette entreprise est vouée à l’échec vu ce qui est proposé en retour à ces rebelles; c'est-à-dire RIEN qui vaille. Dans ce capharnaüm total, qui est en charge de la sécurité des Ivoiriens ? Toutefois, les ivoiriens qui continuent d’être martyrisés par le FRCI et autres Dozos à Bouaké, Daloa, Tai, Vavoua, Bangolo, N’Douci, Yaou, Bonoua, Sikensi, Arrah, Dabou, Soubré, Duékoué, Yopougon… savent qui est leur cauchemars vivant. Et pendant ce temps, Alassane Ouattara se fait  protéger par des éléments de l’armée Française et des soldats des Forces Onusiennes en Côte d’Ivoire. Quoi de plus flagrants pour décrire la situation sécuritaire d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire ?

Jusqu'à quelle date  les Ivoiriens devront subir les exactions des Dozos et rebelles FRCI jusque dans leurs plantations, leurs marchés, leurs écoles et hôpitaux ? La question reste posée et il est difficile de proposer de simples ébauches de solutions viables. Hormis des effets d’annonces rocambolesques et à répétition, le pouvoir Ouattara semble avoir encore besoin de sa rébellion armée.

Finalement, les Ivoiriens se rendent compte qu’ils sont les souffre-douleur des FRCI qui sont  paradoxalement « un mal nécessaire » pour le pouvoir Ouattara qui ne veut pas se défaire de sa rébellion.

Et comme l’affirmait Mr Koffi Koffi le Ministre délégué à la défense « Celui qui ne veut pas des FRCI, qu'il quitte la Côte d’Ivoire » ; indemne pour Anne-Désirée Ouloto qui renchéri par ces propos révélateurs : « Les FRCI n’iront nulle part »

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Atmosphère sociale, école, emploi et coût de la vie :

Comment et à quel rythme vie Abidjan et la Côte d’ivoire depuis le 11 Avril 2011 ? D’aucun proposerait un autre questionnement plus rationnel et logique: comment et à quel rythme tente de survivre Abidjan et la Côte d’Ivoire depuis le tragique coup d’état militaire des hommes d’Alassane Ouattara ? A l’évidence, l’unanimité est générale dans toutes les couches de la société. « Abidjan va mal » et la Côte d’Ivoire entière accuse le coup. Que de régressions et blocages répertoriés dans le quotidien de nos concitoyens. A contre pied du paravent de prospérité annoncé via des projections fantaisistes d’une croissance économique à deux chiffres, la flagrante réalité de terrain en déstabilise plus d’un. La Côte d’Ivoire a perdu sa joie de vivre englué entre une situation politique qui contraint au mutisme et un quotidien rude face auquel aucune lueur d’espoir ne présage.

-L’école Ivoirienne :

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Ce chantier a été volontairement transformé en une citadelle imprenable depuis la décision irresponsable de fermer les universités publiques de Côte d’Ivoire. Même la faculté de médecine est soumise au même traitement aberrant. En dépit de tous les mouvements de revendication au sein et en dehors des universités, les étudiants ont toujours pris soin d’épargner et maintenir fonctionnel l’UFR de médecine en connaissance du caractère primordial et humain de la santé. « Je suis en 4ème année de médecine et je n’ai même pas la possibilité d’aller faire des stages pratiques au CHU simplement parce que le Ministre Bacongo nous dit d’attendre le mois de septembre 2012 et l’ouverture hypothétique des universités. D’ailleurs je ne suis pas plus surpris, surtout pas venant d’un Ministre d’Alassane Ouattara qui lui-même en rendant exécutoire une décision de l’Union Européenne après avoir proposé un embargo total sur tous les médicaments pharmaceutiques à destination de la côte d’Ivoire, a laissé mourir des centaines de malades dans ce pays », dira un jeune étudiant.

Malgré toutes les tentatives des étudiants pour trouver un compromis permettant  l’ouverture express des amphithéâtres et laboratoires en attendant la réhabilitation des cités universitaires mises à sac par les rebelles après les bombardements à l’arme lourde, que nenni ; Cissé Bacongo, le député-ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique n’en démord pas. Il pourfend les récriminations des étudiants et leur fait encaisser une année blanche. Raison principal évoquée : la réhabilitation totale des infrastructures universitaires. Ils ont dit construction d’une grande université chaque année, mais ils sont incapables de réhabiliter les universités qu’ils ont détruit à coup de canon. Il suffit de voir l’état d’avancement des travaux pour s’en convaincre. Comme pour symboliser le caractère insipide de la culture de l’intelligentsia dans leur vision, ils utilisent des étudiants dépités, comme manœuvre pour bien s’apercevoir que les travaux avancerons le plus lentement possible contrairement à ceux de la réhabilitation des prisons où certains de leurs camarades sont enfermés sur la base de prétexte fallacieux.

La mégalomanie du pouvoir en place est à coupé le souffle. Aussi, les étudiants de Côte d’Ivoire sont lucides. Ils savent pertinemment que l’inaction dédaigneuse du pouvoir Ouattara à leur égard n’est pas fortuite. On veut certainement faire payer aux pensionnaires du temple du savoir, leur histoire avec le FPI et leur soutien sans faille à Laurent Gbagbo. L’expression la plus flagrante de cette douce brimade est la rocambolesque nomination du Pr Bakayoko-Ly Ramata comme présidente intérimaire de l’Université de Cocody en flagrante violation des textes de cette institution qui était alors dirigé par le Pr Gilbert Marie Aké N’Gbo devenu Premier Ministre du dernier gouvernement du régime du Président Laurent Gbagbo. Le Pouvoir Ouattara n’a cure des textes qui font du premier vice-président le Pr Ndouba Valentin, le Président par intérim en cas d’absence du Pr Aké N’Gbo : Vive les violations procédurales, pour que survive le « rattrapage ethnique » même au sein de l’université qui est la pierre angulaire de l’émancipation du savoir et du respect des institutions et de leurs préceptes. Les universités publiques ouvriront bien un jour. Mais déjà, le drame des choses de l’esprit se profil à l’horizon avec deux vagues de nouveau bacheliers qui seront confrontés au néant intellectuel que propose le pouvoir Ouattara qui est plus friand de Dozos experts en science des amulettes.

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- Emploi :

 

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Entre les fallacieuses promesses de campagne d’Alassane Ouattara et sa gestion du monde de l’emploi en Côte d’Ivoire, le désenchantement est fulgurant. En pleine fanfaronnade pendant sa campagne électorale, l’homme qui est finalement arrivé au pouvoir par la force des armes avait promis monts et merveilles. La main sur le cœur et avec le large sourire de circonstance, il jurait créer 200.000 emplois en un an avec l’aide des « ses relations au plan international ». Résultat : 120.000 emplois perdus dans les privés dès sa prise de pouvoir.

Au titre des licenciements abusifs dans le public, citons pêle-mêle 1400 agents de la présidence, 380 de la RTI, 1200 de la Sotra, 482 de Airivoire, 360 du port autonome d’Abidjan, 260 des palaces de Côte d’Ivoire et aussi les 2.000 personnes concernés par la suppression des concours d’entrée dans la fonction publique. Cette énumération n’est pas exhaustive mais juste un aperçu vu que cette tendance des licenciements pour « punir » les agents dits partisans de Gbagbo a été appliquée dans toutes les administrations publiques. Pour les plus chanceux des fonctionnaires restés à leurs postes, ils ont assistés impuissants à la réduction de leurs salaires. Jamais notre pays n’avait connu pareille situation de désastre social. Jamais chômage galopant n’aura été à ce point visible à l’œil nu en Côte d’Ivoire. Au bout de 10 mois, la seule proposition d’envergure au niveau de l’emploi a été en  février 2012 l’ouverture d’un recrutement de 3.000 enseignants contractuels de lycées et collèges publics sur une période de 4 mois pour un salaire dérisoire de 100.000 F/mois.

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Bravo l’artiste.

-Le coût de la vie :

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Loin du culte « bling-bling »  de Dramane Ouattara et ses courtisans, la majorité des Ivoiriens survivent  dans une situation précaire. Même les couches modestes tendent inexorablement vers une pauvreté certaine. Avec la rareté des investissements, les licenciements de masse et l’inexistante de perspectives crédibles d’emplois, l’ascenseur social est enraillé et les marches de l’immeuble de progrès pour tous ont étés démontés. Les Ivoiriens ont du mal à se nourrir convenablement ; le panier de la ménagère n’existe plus et pire, son sachet bleu du marché a été remplacé par un petit sachet noir qu’elle n’arrive pas à remplir tant le prix des denrées alimentaires a flambé en l’espace d’un ans. L’inertie des autorités est très préoccupante au vue de cette situation qui évolue de mal en pis. Comment payer son loyer ? Comment payer ses frais de déplacement ? Comment scolariser sa progéniture ? Comment se nourrir ? Comment se soigner ? Tant de questions qui constituent à ce jour un casse tête quotidien pour ces millions d’Ivoiriens stoppés par le mur de l’incompétente du pouvoir Ouattara.

Le chapelet de lacunes du pouvoir Ouattara a contaminé tous les aspects de la vie à Abidjan, et de toute la Côte d’Ivoire.

Commentaires

Un jeune couple d'Ivoiriens menacés d'expulsion dénonce les méthodes employées et les motifs invoqués pour lui faire quitter le territoire.

http://www.lunion.presse.fr/article/marne/edwige-et-tchapi-menaces-dexpulsion

Écrit par : Mr X | 22 mars 2012

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