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11 avril 2012

11 Avril 2012 : L’an un de l’enlèvement du Président Gbagbo en faveur d’une imposture militarisée à la tête de la Côte d’Ivoire.

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Une année s’est écoulée depuis cette sombre date du 11 Avril 2011 marquée d’un tison de fer rouge dans le cœur des militants-sympathisants de La Majorité Présidentielle (LMP) et autres démocrates Ivoirien et du monde civilisé. Ce jour là, la Côte d’Ivoire basculait du mauvais coté des possibles voies d’accès à la magistrature suprême dans un état de droit : après l’échec de sa tentative de coup d’état militaire soldé par une partition du pays en deux pôles depuis 2002, après avoir perdu les élections présidentielles pour ensuite s’autoproclamer Président de la République au mépris de la constitution Ivoirienne, Alassane Ouattara arrivait enfin à être Président NON ELU et cela par la force des armes de l’armée Française, des casques bleus de l’ONU et de sa rébellion du MPCI toujours active militairement et au politiquement avec Guillaume Soro EX – SG du MPCI (aile politique de la rébellion armée) devenu Premier Ministre du Président Gbagbo suite aux accords de Ouagadougou.

Après avoir longuement bombardé « la Résidence Présidentielle de la République de Côte d’Ivoire » par voie aérienne, avec ses chars l’armée Française défonça le portail principal pour permettre aux rebelles du Nord d’entrer en ce lieu prestigieux et plein de symboles pour se livrer à une vraie lubie d’illuminés pendant que d’autres avaient l’ordre précis d’enlever le Président Gbagbo, son épouse, et toute sa famille ainsi que les autres personnes présentes à ses cotés.

Les ordres du nouveau potentat furent exécutés à la lettre : au menu - enlèvement du Président Gbagbo et de ses proches, mise à mort de certaines personnes, torture physique et morale pour les survivants projetés dans le gouffre abyssale de l’humiliation et froissant à jamais leur dignité et leur valeur en tant que « personne humaine ».

Ils y sont arrivés ! Marchant sur les corps encore chaud des milliers d’Ivoiriens tués depuis 2002, usant de demi- vérités et de fieffés mensonges, la Communauté Internationales avec la France en tête, a réussi à IMPOSER « son » Président aux survivants de la barbarie de la rébellion internationale, décapitant aussi sur son passage toute velléité d’opposition politique, socle d’une compétition démocratique saine.

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En raison de l’impéritie flagrante de ce régime, il est constamment effrayé et met un point d’honneur sur une sorte de chasse à l’homme pour anéantir l’opinion critique ou contraire. Cela s’est manifesté par une autre vague d’arrestations arbitraires exclusivement de membres de La Majorité Présidentielle à savoir entre autre Le Premier Ministre Pascal Affi N’Guessan N°1 du FPI et Le Premier Ministre Gilbert-Marie Aké N’Gbo ainsi que plusieurs membres de son gouvernement renversé.

Pendant que la « parodie de » justice Ivoirienne cherche désespérément des atermoiements pour justifier l’irrationnel, Alassane Ouattara et son Chef Rebelle reconduit Premier Ministre regardent ailleurs, loin des vidanges dans lesquelles le diable à refermer les portes de l’enfer dans lequel il a brutalement projeté les dirigeants légaux de notre pays.

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Leur sort dépend des caprices fantaisistes et extravagants d’Alassane DRAMANE Ouattara qui pour répondre aux milliers d’Ivoiriens qui demandent la libération des prisonniers politiques, a trouver l’élixir parfaite : « Les chiens aboient, la caravane passe » dit-il en substance ; charmante expression d’un dictateur naissant dénué d’amour et de conscience.Telle commence à s’écrire l’histoire des vainqueurs avec le sang à peine coagulé des morts qui de leur silence de juste, crient « Vérité et JUSTICE ».

Face à l’intransigeance de ce régime néocoloniale et préfectorale piloté depuis les couloirs Françafricain de l’Elysée, la cohue gronde jusqu’aux escapes de la nation. Cela ne semble toutefois pas faire fléchir Dramane Ouattara et ses sbires. Le silence méprisant de ce régime ubuesque face aux appels à la raison des Pro-démocratie (dits Pro-Gbagbo) a fini par scinder les options pour le faire abdiquer en deux écoles : les va-t-en-guerre et les démocrates résistants.

Du cas des va-t-en-guerre :

« Mieux vaut une fin effroyable qu’un effroi sans fin » semblent-ils arguer. Cette école de pensées et d’actions copiés sur le modèle même de Dramane Ouattara est la résultante du trop grand désespoir corrosif de ces Ivoiriens qui ont finir par se résoudre au fait que Dramane Ouattara gagne du temps avec son projet de réconciliation de façade pour casser la classe politique Ivoirienne, et ainsi régner en maître absolu sans jamais rendre leur liberté élémentaire à ces leaders de La majorité Présidentielle enlevés à leurs familles et emprisonnés en violation des lois d’un état de droit que la Côte d’Ivoire a cessé d’être depuis le 11 Avril 2011. Ils n’entendent plus simplement exiger la libération de leurs camarades opprimés – ils comptent proclamer leur liberté acquise et par des actions violentes, restaurer celle du Président Gbagbo et de sa famille politique en faisant chuter au passage ce régime militarisé et immoral.

Voici là où conduit la profonde déception de milliers d’hommes et de femmes poussés jusqu'à ce mur d’acier construit au fond du gouffre.

La vérité est qu’ils ne rendront pas hommage au Président Gbagbo dont ils auront dévoyé la vision politique et les ambitions pour notre Nation en devenir. La loi du Talion appliquée dans un tel contexte fragilisera encore plus notre pays en brisant au passage les derniers vestiges de la démocratie acquise par le Front Populaire Ivoirien après deux décennies de noble combat politique sans insurrection. Ces velléités perfides et anti démocratiques d’un autre âge ne sont pas l’apanage de Laurent Gbagbo, du FPI et de la Majorité Présidentielle. L’ultime échec serait que La Majorité Présidentielle copie la bêtise inhumaine du RDR.

Du cas des démocrates résistants :

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« Les ténèbres ne peuvent venir à bout des ténèbres. Seule le peut la lumière » répondent ils certainement à leurs camarades bellicistes qui veulent en découdre usant du même schéma violent et cruel de la France, du RDR et de ses affidés. Au risque de ce perdre au fond des sables mouvants du désert du mal sans fin dans lequel Dramane Ouattara tente de nous assoiffer de haine, il faut vite revenir sur les plaines fraîches et verdoyantes de la démocratie apaisée pour quitter ce cycle de nouvelles tribulations dans lequel on risque de s’engager. D’autres actions coercitives et non insurrectionnelles mais déstabilisatrices peuvent être menées avec efficience en préservant la paix sociale : voilà ce que Laurent Gbagbo a enseigné à notre génération. Restons fidèles à cet idéal qui est le cœur de la vision politique que nous avons embrassée.

Le défi est grand et peut être utopique face à ce régime arrogant et ultra militarisé qui menace et brise tout un peuple contraint au silence ou à l’exil forcé. Mais il faut y croire et se donner les moyens de l’implémenter. Loin d’être de doux rêveurs, nous devons avec foi, courage et détermination à toute épreuve, emprunter cette difficile route tortueuse qui nous mènera sur les hauteurs de la démocratie rétablie en vertu des textes de lois qui constituent le socle de l’état de Côte d’Ivoire. Le négativisme catatonique qui anime certains au point de les pétrifier, doit laisser place à l’espoir en des jours meilleurs pour notre pays et ses fils : cela est inhérent au succès de notre lutte pour la restauration d’un état de droit.

Notre pays la Côte d’Ivoire doit surpasser, voir enjamber tous ses maux pour ainsi amorcer un nouveau pan de son histoire mis à mal par tant d’années de troubles sociaux politiques. Comment y arriver sereinement ? Certainement en reconsidérant les priorités au vue des souffrances actuelles de notre peuple meurtris qui aspirent à embrasser des jours plus lumineux.

Ne nous y trompons pas camarades patriotes Ivoiriens élevés au multipartisme et la démocratie l’idéologie politique instauré en Côte d’Ivoire par le Président Laurent Gbagbo : nous ne devrons pas être des revanchards sans foi ni loi ayant pour nouvelle et unique mission la déstabilisation du régime Ouattara pour reprendre un flambeau éteint par de nouveaux conflits qui fragiliserons encore plus notre état déjà à genoux. NON !Ce schéma d’accession au pouvoir d’état ne ressemble pas à la vision du Président Laurent Gbagbo dont nous nous réclamons.

Je conviendrai avec vous que cette sorte d’auto flagellation découlant de notre inaction sera l’ultime punition que visiblement nous ne méritons pas au regard des supplices subis. Cependant nous devrons l’accepter avec dignité pour montrer l’essence de notre engagement pour la Côte d’Ivoire selon la vision du Président Laurent Gbagbo qui est injustement privé de ses droits élémentaires dans le nouveau schéma politique que le pouvoir ultra répressif d’Alassane Ouattara nous impose en ce moment. Face aux armes et à cette dictature naissante dans notre pays, nous avons entre nos mains une arme plus puissante et juste : LA  DEMOCRATIE dont nous devrons réclamer l’application sous sa forme la plus naturelle.

Depuis l’emprisonnement arbitraire qui a fait suite à son enlèvement par les forces Françaises, nous avons repris en cœur cette citation du Président Gbagbo qui disait : « Si je tombe pendant le COMBAT, enjambez mon corps et continuez LA LUTTE». Quel serait la LUTTE primordiale à mener maintenant pour être en phase avec l’idéologie politique de Gbagbo et du FPI ?

D’aucuns parlerons de « Révolution », d’autres de « Résistance » : Révolution pour obtenir quoi ? Résister à qui ? Telles doivent être les questions essentielles dans cette situation. J’en appel à la lucidité, au réalisme et au pragmatisme des uns et des autres ; la refondation du parti s’impose à nous pour espérer bientôt mettre en œuvre la Refondation de la Côte d’Ivoire telle qu’amorcée par le Président Gbagbo avant de subir la guerre imposée à notre pays.

Quel est le paysage politique Ivoirien à ce jour ? Un RDR Françafricain et ultra tribal auréolé de sa nouvelle posture au sommet d’un état morcelé, un PDCI défiguré au sein d’un RHDP sans repères viables, un FPI en décapitation progressive au sein d’une Majorité Présidentielle qui n’a plus la Présidence de la République.

Telle une prémonition très avisée, Le Président Laurent Gbagbo expliquait le sens et le bien fondé de NOTRE résistance dans son livre Programme ‘Bâtir la paix, sur la démocratie et la prospérité’. Il martelait en substance : « Pour gagner réellement la Paix, il importe que nous comprenions et la guerre et les enjeux de notre résistance. […] N'oublions jamais qu'au cours de cette guerre, au-delà de nos vies et de nos biens, les cibles principales des forces qui ont attaqué la Côte d'Ivoire, ce sont la Démocratie, la République et l'État de droit. […]

Elles ont voulu dénier au peuple ivoirien son droit souverain de désigner démocratiquement ses dirigeants. C'est pourquoi elles se sont attaquées aux institutions issues des élections : la présidence de la République et l'Assemblée nationale.

Elles ont voulu changer la nature du régime de notre pays. C'est pourquoi elles se sont attaquées à la Constitution.

Elles ont voulu affaiblir l'État, le rendre fragile et vulnérable de façon chronique. C'est pourquoi elles ont voulu transférer le centre du pouvoir exécutif des mains des personnes élues par le peuple, à des personnes choisies par elles.

Elles ont voulu désintégrer la nation ivoirienne. C'est pourquoi elles ont opposé les ethnies, les régions et les religions les unes aux autres.

Au total, elles ont voulu remettre en cause à la fois l'indépendance de la Côte d'Ivoire, les acquis des luttes démocratiques du peuple ivoirien, et l'unité de la nation. Voilà pourquoi nous avons résisté. Voilà pourquoi nous devons continuer à résister pour sauvegarder l'unité de notre nation, sauver la Démocratie, la République et l'État de droit. Nous devons résister pour demeurer une nation libre et digne, une nation généreuse et solidaire. Nous devons résister pour poursuivre notre quête de la prospérité. Nous devons résister pour sortir enfin de la culture et de l'esprit du parti unique.»

Le combat qui s’impose à nous est celui d’obtenir la libération du Président Gbagbo et des leaders du FPI pour reconstruire le parti sur ses acquis dans l’optique de proposer une alternative plus NATIONALE face au tribalisme-religieux et à la politique Françafricaine et néocolonialiste que risque de subir le pays avec le RDR d’Alassane Ouattara. Depuis le 11 Avril 2011, inexorablement, la Nation Ivoirienne périclite tant les clivages entres les ethnies, les régions et les religions se creusent vers les profondeurs de la fracture irréversible. La théorie du « diviser pour mieux régner » est en passe d’être implémenter avec maestria par les suppôts de la « Françafrique » dans leur ambition malveillante de désintégrer durablement la Nation Ivoirienne profondément affecté par deux décennies de l’ambition personnel d’un homme – Alassane Dramane Ouattara, en qui l’occident avec en pole position la France, a trouvé son alter ego par l’entremise de qui, il pourra à nouveau reprendre à distance les rênes de SA Côte d’Ivoire territoire acquis depuis la conférence de Berlin le 26 Février 1885.

Le semblant d’indépendance octroyé par la France à la Côte d’Ivoire depuis 1960 après tant d’années de luttes démocratiques et dont Le Président Laurent Gbagbo s’évertuait à faire une réalité est l’épine dorsale du drame Ivoirien dans ce contexte ou la France qui convoite toujours les richesses de son pré carré s’est permis de mettre notre pays à feu et à sang en instrumentalisant les germes universelles de la division avec le prototype parfait trouvé en la personne d’Alassane Dramane Ouattara. Aujourd’hui, au prix de milliers de vies innocentes gâchés et d’un tissu social Ivoirien en lambeaux, ils y sont parvenus : le pion Alassane Dramane Ouattara est Président de la République-Française de Côte d’Ivoire et accessoirement un parangon de Préfet mener à la baguette par la diplomatie Française qui finalement a le loisir d’étendre durablement son hégémonie sur son bien Ivoirien.

A l’évidence, même si très sournoisement l’on tente de faire passer cet élément capital sous silence,  depuis le 11 Avril 2011, la Côte d’Ivoire n’est plus pleinement un ETAT mais un territoire sous tutelle de la République Française. Ce fait est dans la logique des choses et corrobore l’affirmation du Président Gbagbo qui dira plus tard : « Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011 »

Le commun des hommes voudrait que ce 11 Avril 2012 soit estampillé d’une marque unique par les patriotes Ivoiriens. Toutefois, ce jour ne doit pas être placé sous le sceau d’une vulgaire commémoration car nous n’avons pas simplement à nous souvenir de ce bout d’histoire, mais à nous projeter vers l’avenir en utilisant ce moment comme tremplin pour une protection vers l’avenir et les nouveaux défis qui s’imposent aux combattants pour l’indépendance véritable, la souveraineté, la liberté et la démocratie.

Avec courage, foi et détermination « On y VA Jusqu’Au Bout »

Claudus Kouadio – Blogueur

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