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18 janvier 2013

L'Islam, la Charia, les Noirs, les Touaregs, la France et sa guerre multiple au Mali

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Le fil à couper le beurre existe depuis Mathusalem. Nous n’allons pas le réinventer en donnant une nouvelle lecture de la genèse « apparente » de la crise Malienne qui aura connu maints soubresauts depuis le coup d’état militaire du Capitaine Amadou Aya Sanogo, chef de la junte qui avait pris les rênes du pouvoir d'état au Mali. Mais il convient de planter le décor avant tout propos.

Lorsque le 22 mars 2012 Sanogo « renverse » le Président Amadou Toumani Touré qu’il accuse d’incompétence pour son laxisme face à la rébellion Touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), son ambition affichée est de « sauvegarder l'intégrité territoriale et assurer la sécurité et la quiétude des personnes et de leurs biens.» Sanogo se veut le chantre d’un Mali «  indivisible » pendant que son Mali l’était déjà. 

Bien que condamnant unanimement « le putsch des bérets verts » de Sanogo, aucun Chef d’Etat, aucune organisation régionale ou sous régionale, aucune Organisation Africaine ou Internationale ne demande le respect de la « légitimité » en restaurant le Président ATT dans ses fonctions. Il est mis en quarantaine pendant que Alassane Dramane Ouattara, le Président de la CEDEAO et l’eternel Président Burkinabé Blaise Compaoré « jouent » les médiateurs d’une part entre Sanogo et « une certaine constitution » qui voudrait qu’il cèda la place au Président de l’Assemblée Nationale, et d’autre part entre Sanogo et le MNLA qui déjà animait l’actualité internationale sur les chaines d’infos en France.

 Pendant que les nouveaux hommes forts de Bamako tergiversent dans leurs discutions avec les « médiateurs »,  le MNLA gagne du terrain au Nord en s’installant sur toute l’étendue du territoire de SON Azawad qu’il considère comme la propriété des  « Touaregs ». A coté ou au milieu de cela (c’est selon), le groupe islamiste Ansar Dine fait son entrée en scène au Nord Mali dans les régions occupées par le MNLA avec comme pour seul et unique projet : « L’instauration de la Charia » dans tout le Mali en commençant par le Nord.

 Malgré quelques  incompréhensions ou accrochages, le (MNLA) avec Ansar Dine cohabitent tant bien que mal, chacun avec sa doctrine et ses ambitions, mais contre le même adversaire qu’est l’Etat Malien. Du coté « Sud Mali », Sanogo abdique et met en veille le CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat). Le 12 avril 2012 il « remet le pouvoir » entre les mains frêles de Dioncounda Traoré qui est vomi par la rue Malienne mais qui s’accroche lui aussi, tant bien que mal.

L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES (ONU), L’UNION AFRICAINE (UA) ET LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ÉTATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST (CEDEAO)

 Tout naturellement comme dans toute situation de ce type, deux options visibles se dégageaient du lot pour trouver une issue rapide à cette crise ; la négociation ou l’option militaire paraissaient les plus évidentes.  Mais pendant qu’il discute de la main gauche, le groupe de médiateurs multiplie les réunions de la main droite pour « soit disant » préparer une action militaire dans l’optique d’une reconquête  rapide du Nord dont les populations souffrent déjà de l’impact de la « Charia » instaurée par les Islamistes de  Ansar Dine sous l’œil bienveillant des rebelles Touaregs du MNLA.

 Avec lucidité, et connaissant les fondements de l’idéologie prônée par Ansar Dine, il était plus qu’évident qu’aucune négociation ne pouvait aboutir à une satisfaction des attentes de ces radicaux. De même, le MNLA ne se montrait pas plus désireux de renoncer à ses ambitions irrédentistes. Alors à défaut d’accepter la scission du Mali en perdant le Nord qui était livrée aux desideratas du duo rebelles touareg du MNLA -  islamistes armés d’Ansar Dine, à la guerre comme à la guerre, il fallait y aller, se battre et tenter de restaurer la dignité et l’unicité du Mali.

 Mais c’est la qu’encore une fois, toute l’Afrique va manquer le coche.  Réunion de ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la CEDEAO, rencontres des chefs d'état-major de la  CEDEAO, rencontre entre des responsables de l'ONU, de l’UA et de la CEDEAO,  réunion bipartite de responsables Onusiens avec les instances de la CEDEAO, réunions sur réunions pour discuter de l’envoi d’une force armée régionale au Mali ; près d’un an après le début de ces réunions où la pause apéro semblait être le point focal de toutes les attentions, rien de concret ne se décida pour  apporter l’aide dont avait besoin cet Etat en crise. Et pendant ce temps, la situation s’enlisait au Nord Mali mais aussi au sud ou Sanogo et certains Maliens mettaient une pression légitime sur le nouveau pouvoir qui ne posait aucune action rassurante. L’Ecomog tant de fois annoncée par la CEDEAO ne pointait pas son nez. 

 L’échec était patent et cela bien avant le début d’un hypothétique déploiement de forces Africaines pour la restauration d’un Etat de droit vu surtout que contrairement au MNLA, les islamistes armés d’Ansar Dine projetaient des expéditions sur le Sud Mali qui était dans leur ligne de mire. Finalement, toutes ces tractations des institutions politiques Africaines n’auront pas donné le soupçon d’un début de réponse acceptable.  

L’INTERVENTION MILITAIRE DE LA FRANCE ET SES « ALLIES »

 Pendant que l’Afrique est aux abonnés absents dans la résolution de la crise malienne, et malgré l’avis favorable de l’Onu pour donner un mandat international officiel pour une intervention militaire, la France contourne tous les protocoles et statuts puis décide seule de mener l’offensive. Selon François Hollande, il répondait simplement  à la demande d'aide militaire formulée un peu plus tôt par le président malien Dioncounda Traoré.

 Et pourtant, recevant  Yayi Boni son homologue Béninois le 29 Mai 2012 à  Paris, François Hollande avait appelé à une non ingérence dans cette crise; et il s'adressait là à l'Afrique par le canal de Yayi Boni le Président de l'Union Africaine. Francois Hollande précisait même que « les otages français au Mali étaient un point essentiel pour l'Etat Français sur ce dossier. » Le sort du Mali ne semblait pas être le point focal des attentions de François Hollande. Mais huit mois après, qu’est ce qui aura fondamentalement changé au point de pouvoir expliquer ce déploiement massif de l’armée Française sur le sol et dans l’espace aérien du Mali, pays avec lequel il n’a aucun accord de défense ?   

 A l’évidence, la France ne veut pas prendre le risque de voir les hésitations des dirigeants Africains lui coûter la perte de son hégémonie sur cette partie du continent à la suite des actions de ces groupes armées. Céder ce vaste territoire aux Touaregs du MNLA, ou à  Ansar Dine, Mujao et Aqmi (Al Qaïda au Maghreb Islamique) son allié, c’est aussi perdre le contrôle du sous sol de cette région riche en minerais multiples dont l’or et surtout  l’uranium qui approvisionne déjà les centrales nucléaires françaises depuis les exploitations de Areva au Niger. Toute autre raison évoquée par la France pour tenter d’expliquer autrement les motivations de son intervention ne serait que pure affabulation. La France ne fait pas voler des avions de guerre de marque « Rafale » à 27 000 euros de l’heure pour les beaux yeux d’un peuple malien dont elle serait subitement tombée folle amoureuse. La France que nous connaissons ne déploie pas des dizaines de chars par amitié pour un lointain pays de nègres. La France ne tuera donc pas gratuitement ses soldats dans le désert  Malien pour la simple restauration de la démocratie dans ce pays. Si tel était vraiment le cas, la diplomatie Française aurait dû demander le respect de la constitution dans sa forme la plus pure et donc le retour du Président Amadou Toumani Touré dans ses fonctions de Président élu dont le mandat n’était pas arrivé à expiration. Il serait bon que le peuple Malien sache que la facture du déploiement de l’armée Française sur ses terres et dans ses airs ne lui sera pas remise, mais qu’il paiera plus que le prix réel.

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 Comme en Irak, en Afghanistan et en Lybie, une coalition internationale se forme au fil des jours pour venir prendre part à la danse macabre au son des canons et des bombes. Pour être à la table de la nouvelle répartition des intérêts de cette région, il faut au préalable avoir fait cette guerre. Les USA, la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Belgique et d’autres pays ne veulent pas faire « l’erreur » de la France lors de la Guerre de Georges Bush fils en Irak. Alors quasiment tout le monde sera là pour se battre contre les Touaregs et autres Djihadistes. Oui tout le monde, et même certains Etats africains dont les soldats arriveront pour ramasser les douilles.

 « L’ANNONCE » DU RENFORT DES FORCES ARMEES DE CERTAINS PAYS AFRICAINS

 La honte est grande. Honte qui résulte de l’attitude qui caractérise le « poids » de nos institutions sous régionales et continentales face à certaines nations telles que la France. D’abord ce fut la Lybie de Mouammar Kadhafi bombardée de partout par La France puis ses alliés de l’Otan sans qu’aucune organisation Africaine ne s’insurge contre ce coup d’Etat couvert par l’argument d’une prétendue « révolution » dite du « Printemps Arabe ». Plus d’un an après s’être partagé les intérêts économiques de ce pays défiguré, l’Occident l’a abandonné au milieu du désert sans une oasis de solutions à portée de vue

 Cette situation de confusion dans le Nord Mali n’est autre que la résultante du chaos en Lybie et la fuite vers le Sud des Touaregs. Une action de médiation Panafricaine  aurait pu permettre d’éviter le drame Lybien, mais surtout l’Afrique n’aurait pas connu cet autre cauchemar en préparation au Mali.

 En définitive, l’Afrique n’aura pas trouvé de solution à ce début de crise au Mali. Elle ne fera que « suivre » l’une de ses options qui est en ce moment en train d’être exécutée par un autre ; La France, mais pour ses propres intérêts sans vraiment peser les conséquences de l’échec d’une telle opération sur le peuple malien et la région.  

 Hormis le déjà célébrissime « Je suis aux anges »  de Yayi BONI (Banania) le Président de l’Union Africaine, aucun autre son de trompette de cette institution, « Black Out » total, calme lunaire. Mutisme également au niveau de  Madame Zuma et de la Commission de l'Union africaine. Du coté de la CEDEAO, on annonce des réunions pour  la fin de la semaine ; pendant ce temps Alassane Dramane Ouattara le « président » de cette institution sous régionale a perdu sa langue de baratineur. Il plastronne et profite bien de ses  « vacances » en Allemagne ; et encore une autre fois, les chefs d’état-major de la CEDEAO se réunissent pour attendre cette « caméra-café » qu’ils aiment tant. Selon une dépêche sortie de cette causerie : « Le Nigeria doit fournir 900 hommes. Le Niger, le Burkina Faso et le Togo ont annoncé l’envoi d’environ 500 hommes, le Bénin 300, la Guinée et le Ghana une centaine chacun. Le Tchad a également promis des troupes (2.000 soldats)»

 A la lecture des délais de mobilisation des troupes mais surtout des moyens logistiques pour de telles missions, il est clair que connaissant ces armées, le Mali va devoir attendre encore, en tous cas pour ceux qui finiront par aller au front Français pour servir de premières lignes et de chair à canon comme jadis nos tirailleurs Sénégalais de Normandie.

 Toutefois, le fait maladroit de « l’affaire » relève de la non-participation de la Cote d’ivoire au niveau de la « fourniture » de combattants. Et pourtant Alassane Dramane Ouattara est le président en exercice de la CEDEAO, et pourtant le général  Soumaila Bakayoko – chef d’Etat major de l’armée de Ouattara est aussi le Président du Comite des Chefs d’Etat Major de la CEDEAO.  Et pourtant, lors de la réunion des Chefs d’État-major de la CEDEAO le samedi 16 Juin 2012 à Abidjan, Soumaila Bakayoko déclarait : «Les ‘‘gros effectifs’’  seront ‘‘fournis par le Nigeria, le Sénégal, le Niger, mais tout le monde participera, y compris la Côte d’Ivoire’’ » Même le Tchad non membre de cette CEDEAO se propose d’envoyer 2.000 soldats au Mali pour la cause. Pourquoi jusqu’à ce jour personne du coté de la Cote d’Ivoire ne se prononce sur le sujet de l’envoi de troupes Ivoiriennes contrairement aux « affirmations » du chef d’Etat-major ivoirien ? Les « présidents » Alassane Dramane Ouattara et Soumaila Bakayoko auraient-ils encore menti ?

 POURQUOI LA MAURITANIE, L’ALGERIE, LE MAROC, LA TUNISIE,  L’EGYPTE ET LA LIBYE N’ENVERRONT PAS DE SOLDATS COMBATTRE AU MALI.

 Cette crise au Nord du Mali a un aspect racial voire « raciste » qui jusque là est mis sous le boisseau. On n’ose pas le dire, encore moins en prendre compte ouvertement, mais ce conflit souffre d’un fort relent identitaire entre les Touaregs proches du monde Arabe et les maliens « Noirs » au sud du Sahara. Les Touaregs  sont les descendants des premiers habitants de l'Afrique du Nord. Ces berbères de race blanche ou  « hommes bleus » comme on les appelait ont toujours marqué leur grande différence d’avec les peuples noirs d’Afrique qui leur servaient généralement d’esclaves. Même au XXIème siècle du calendrier grégorien, un noir « esclave » en Mauritanie n’a rien de scandaleux dans ce pays.

Cette parenthèse a pour but d’expliquer deux choses :

-         La Mauritanie, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et la Libye n’enverront pas de soldats du Maghreb  combattre au mali pour des Noirs contre leurs frères Touaregs. Culturellement et idéologiquement cela est incohérent et croire le contraire c’est méconnaitre les réalités intrinsèques de la terre Afrique qui comporte en fait plusieurs continents differents.  

-         Ces pays pourraient facilement servir de points de repli et de bases arrières pour les opérations des Touaregs et autres Islamistes sans souffrir d’une opposition formelle de ces Etats à partir du moment où ils mènent un « Djihad ».

Si le MNLA revendique l’autonomie de l’AZAWAD, c’est aussi parce que ces Touaregs (qui ne sont pas à leur première révolte) n’acceptent pas véritablement de vivre sous l’autorité des Noirs. Vous remarquerez que dans la région, le cas du Mali est une exception avec le Niger. Cela explique la prompte réaction du Président Nigérien Mahamadou Issoufou qui a rapidement consenti à envoyer des troupes pour les opérations militaires projetés par la CEDEAO.

On sait quand et comment l’Opération « Serval » de l’armée Française a commencé. Prétendre connaitre tous les paramètres de l’issue de cette crise  serait  jouer au marabout ou à l’alchimiste des temps nouveaux.

Que Dieu Protège le Peuple Malien.

Claudus Kouadio

17 janvier 2013

Charles Blé Goudé arreté par Interpol Ghana...

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"Le Ministre Charles Blé Goudé, leader des jeunes patriotes et président du Cojep en exil au Ghana aurait été arreté ce matin par des agents d'Interpol [...]"
Selon les dernières infos, il serait en ce moment dans les locaux de la BNI (The Bureau of National Investigations - La DST Ghanéenne) a Accra.
En l’état actuel des choses, la question est de savoir le chef d’accusation pour lequel Interpol Ghana l’arrête et surtout qui porte cette accusation ?
AYONS FOI en la justice Ghanéenne et gardons notre calme.


#Ovajab et affaire à suivre.

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BLE GOUDE/AVOCAT. L'avocat israélien Nick Kaufman a été choisi pour rejoindre le pool des conseils du ministre Charles Blé Goudé. Il travaillera en liaison avec ses confrères ghanéens. Me Nick Kaufman s'est entretenu jeudi soir avec les autorités ghanéennes sur les bases légales de l'arrestation de notre frère et ami de lutte. Charles Blé Goudé a été interpellé jeudi matin, vers 9h, à Accra/Tema. Il se trouve actuellement dans les locaux du Bureau national d'investigations (BNI, police ghanéenne).

A suivre... Patrice Koute