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04 novembre 2010

C'est quoi la Charte du Nord ? Quelle est son impact sur la crise Ivoirienne ?

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C'est quoi la Charte du Nord ?


C'est une Charte nordiste dites "anonyme" (mais tous le mode sait que c'est l'oeuvre du RDR et il y a des éléments de preuves pour l'attester), intitulée "Le Grand Nord en marche". Elle fut diffusée à grande échelle sous forme de tract, puis relayé dans différents journaux dès 1991 (version 1) puis en 2002 (version 2)

LE PARAGRAPHE INTRODUCTIF DIT :
"LA CHARTE NORDIQUE DE SES FILS aux 4 coins de la Côte d'Ivoire, DE SES FILS au terroir.
Intellectuels, analphabètes, responsables, cadres, militaires, ouvriers, commerçants, par notre voix, LE GRAND NORD BAT LE RAPPEL ET LE RASSEMBLEMENT POUR UN GRAND NORD uni, fort, crédible, partenaire à part entière, arbitres des situations futures AU SEIN D'UN ENSEMBLE IVOIRIEN rénové, équitable, cohérent"...

d'autres petits extraits...

[...]
Sans renier notre passé de la période des luttes pathétiques et héroïques du Rda, sans remettre en cause notre attachement aux idéaux du grand parti, le Rda, il "IMPORTE DESORMAIS DE SITUER LE GRAND NORD A L'ECART DU PDCI, TRES LOIN DU FPI ET DE L'OPPOSITION PARCE QUE CETTE REGION DOIT EMPRUNTER SA PROPRE VOIE, CAR LA DIFFERENCE DE ZONE ENTRAINE, IPSO FACTO, UNE DIFFERENCE DE COMPREHENSION ET DE COMPORTEMENT"
[...]

[...]
Le Grand Nord entend donc s'organiser en fonction de ses intérêts bien propres
[...]
La défense D'ALASSANE figure en bonne place parmi nos objectifs.
[...]
Le cas Alassane (DRAMANE OUATTARA BIEN ENTENDU) est de ceux qui s'insèrent de plein droit au concept d'un Grand Nord en tant qu'entité régionale, zone d'influence responsable. [...] 

Il serait inconcevable qu'ALASSANE tire les marrons du feu et qu'un autre s'en régale (PARLANT DU FAIT QUE BEDIE SUCCEDE A HOUPHOUËT AU LIEU D'ALASSANE ALORS PREMIER MINISTRE)
[...]

Ces deux chartes ont contribuées, à une division de plus en plus profonde du pays et de la population entre « nordistes » et « sudistes ».

Il apparait clairement que cette chimère est une œuvre du RDR. C’est ainsi qu’une grande partis des populations du nord a été minutieusement et mentalement préparé aux différentes insurrections contre l'Etat de Côte d'Ivoire par les responsables du R.D.R.
Feu Lamine Diabaté, ancien dirigeant du RDR et mari d’Henriette Diabaté actuel Secrétariat général du RDR nous en fait une autre démonstration dans cette vidéo édifiante.

Vidéo : Comment Lamine Diabaté préparait le RDR à l'insurrection
http://www.dailymotion.com/video/xci45u_comment-lamine-diabate-preparait-le_news

J’en parlais déjà dans mon article intitulé : « «LE RDR, L’IVOIRITE, ALASSANE D. OUATTARA ET SA REBELLION EN COTE D’IVOIRE
http://www.facebook.com/note.php?note_id=368382963989

« Un vaste plan d’intoxication propagandiste sera lancé par le RDR dans le nord du pays sous fond de mensonge grossier et d’incitation à la haine et à la révolte du genre : « Le PDCI dit que nous sommes des peureux. Nos grands-pères n’ont pas eu peur de prendre cette région avec les fusils et la poudre. Nous ne voulons plus de ces gens parce que le PDCI nous manque de respect, nous méprise et ne nous considère pas. Ils nous ont traités comme des animaux. 
Parce que nous votions pour Houphouët ils nous ont pris pour des ignorants. Ils ont organisé une campagne de dénigrement : ils ont injurié Alassane, son père, sa mère et nous. Mais ils ne nous connaissent pas. Parce que c’est avec des fusils et des balles que nos grands-parents ont conquis cette terre. 
Ils ne nous font pas peur. Ils ont dit que nous ne serions plus rien dans ce pays. Ensuite ils ont renvoyé 267 de nos cadres. Ils ne veulent plus entendre l’appel du Muezzin de la mosquée pour la prière. Ils ne veulent pas de l’Islam et des musulmans. Ils envoient les militaires les frapper dans les mosquées. Si nous acceptons cela c’est que nous ne sommes pas des musulmans, si nous les suivons c’est que nous sommes des bâtards. Vous connaissez bien la chanson Malienne qui dit : plutôt la mort que la honte. Ici chez nous nous disons : ‘Mieux vaut mourir que d’avoir honte’.Pouvons-nous accepter la honte ? NON !.
Nous avons les mêmes armes qu’eux. Nous avons aussi nos hommes dans l’armée. Nous ne voulons d’eux ni aujourd’hui, ni demain. Depuis que Houphouët est mort nous n’avons connu que brimades, honte et humiliations» dixit Lamine Diabaté ex-mari d’Henriette Dagri Diabaté à Odienné en 1995. 
Lorsque Alassane Ouattara en personne confirme ce genre de thèses en proclamant sur TV5 en 1995« On a écarté ma candidature parce que je suis musulman et du Nord! », les nordistes et les musulmans se sentant lésés, rejoignent en masse le RDR qui se radicalise en se sectarisant de plus en plus »

Le coup d'état de 1999 et la rébellion armée de 2002 ne sont que l'application de la charte du nord par le RDR et ça beaucoup d’Ivoiriens du Sud et aussi du Nord l’ignorent.

Cette élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire et la zone d’influence du RDR de ADO (carte 2) est une autre preuve de l’application de la charte du Nord.


Avis et commentaires...

31 mai 2010

Affaire « sorbonne-insalubrité-déguerpissement au plateau » : VRAI ET USAGE DE VRAI POUR FAIRE DU FAUX

La semaine du 24 au 30 Mai 2010 a couvé une sérieuse affaire impliquant Mr Akossy Benjo le maire de la commune du Plateau et les occupants des 60 logements appelé communément « La Sorbonne ».

Une vue des 60 logements appelé communément « La Sorbonne »


Pour résumer l’essentiel de cette affaire, il suffirait de dire que la mairie du Plateau avait décidé le déguerpissement des occupants des 60 logements du plateau et ses alentours pour cause d’insalubrité. Et cela dans le souci affiché de donner un beau visage à la commune du plateau en vue de la 45 ème Assemblée annuelle de la BAD à Abidjan. Belle initiative ; on pourrait même renchérir en disant « ce n’est pas trop tôt » car la ville d’Abidjan en générale n’est pas une référence en matière de propreté.
[ J’ai déjà publié plusieurs billets sur le sujet de l'insalubrité à Abidjan:
Lutte contre l’insalubrité et nouveau boulot:

Lutte contre l'insalubrité à Abidjan: Il y a du boulot:

La saleté ne tue pas l’homme noir:

Alors l’entreprise du Maire Akossy Benjo ne peut être que bien accueilli de ce point de vue là mais des zones d’ombres subsistent dans le violent conflit né de cette décision.


Ma première analyse m’a emmené à écrire: "Déguerpissement de la Sorbonne du Plateau: Un faux débat politique"
Oui, il y a eu une tentative de récupération politique dans les deux camps. D’un coté ceux qui soutiennent que l’argument de « l’insalubrité à la Sorbonne » est crédible mais fallacieux dans le fond car visant simplement à faire disparaitre la tribune de libre expression jugé trop pro-Gbagbo qu’abrite cet espace et de l’autre coté ceux qui arguent du fait que les Sorbonnards sont confortés par le FPI (Front Populaire Ivoirien – Le parti au pouvoir) dans leur décision de faire obstacle à la décision du maire PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) du Plateau. 
Justifié ou non ? Chacun y va de son commentaire. Mais un élément vient de m’apparaitre comme étant une pièce à conviction qui balai du revers de la main l’argument de « zone insalubre » à ne pas faire voir aux illustres invités de la BAD (Banque Africaine de Développement) à qui l’état de Côte d’Ivoire est en train de faire la cour dans le but d’inciter cette institution au retour en terre d’éburnie. 
Observez ces photos du 28 Mai 2010...

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Cet endroit (dont je vous épargne ma description personnelle) est situé dans la commune du Plateau en face du Palais Présidentiel du coté du chantier du mémorial Félix Houphouet Boigny et le grand bâtiment (à l’extrême droite) qui le surplombe est celui de la BAD à Abidjan. Tous ceux qui accèdent au plateau en passant par la place de la république sont face à ce spectacle tous les jours depuis très longtemps. Mais la mairie du plateau semble ne pas avoir les mêmes yeux que nous pour détecter les endroits insalubres de la commune.

S’il est vrai que la Sorbonne du Plateau doit être rasée pour plusieurs autres raisons évidentes et valables, il faut que la mairie du plateau évite d’user d’arguments qui ne tiennent pas la route.

26 mai 2010

Deguerpisement de la Sorbonne du Plateau: Un faux débat politique

 

Le Maire de la Commune d'Abidjan-Plateau Mr Akossi Bendjo

La tourmente qui secoue depuis deux jours la belle et tranquille commune du plateau trouble en ce moment le sommeil de plus d’un. La municipalité dans sareconquête de son espace des 60 logements appelé communément « La Sorbonne », se trouve face à un os. Et pour cause, les enjeux énormes que les protagonistes à savoir le Maire Mr Akossi Bendjo et Mr Nado Clément Président de Sorbonne-Solidarité visent.


C’est quoi la Sorbonne du plateau ?

 

Une vue de "La Sorbonne" dans le quartier du Plateau à Abidjan

 

C’est un espace d’éveille des consciences, une tribune de libre expression et de débats de tout genre créés dans les années 1980 en plein cœur du jardin public de la commune du Plateau, lieu de rencontre et air de repos des travailleurs de la cité administrative. Petit à petit ce mouvement qui s’organisait de plus en plus a trouvé son assise géographique dans l’enceinte abandonnéede la cité des 60 logements. La Sorbonne du Plateau est même doté d´une personnalité juridique (récépissé provisoire acquis 28 mai 2001) et est reconnu comme association d’utilité publique en Côte d'Ivoire.
Au plus fort de la crise née en Côte d’Ivoire le 19 Septembre 2002, comme pour donner du sang neuf au mouvement de résistance patriotique face aux « ennemis de la Côte d’ivoire », Charles Blé Goudé aidés par les membres de l’alliance patriotique (dont un membre de premier ordre est Dakoury Richard, Président Nationale de la Sorbonne) avait réussi à faire passer son message de mobilisation des Ivoiriens en faveur de la défense des institutions de l’état et du respect de la constitution notamment par le biais de la Sorbonne du Plateau. Le succès fut inespéré : La Sorbonne du Plateau avait ainsi acquis ses lettres de noblesses

En outre, la Sorbonne du Plateau ce n’est pas qu’un temple de la parole maisun véritable agora qui a accueilli les déguerpis de l’ancien marché du Plateau : on y trouve des commerces florissants et de toutes sortes (vente de vêtements, librairies et presse, restaurants, gare de transport en commun...) mais une grosse activité illégale telle que la vente de CD audio et vidéo piratés que les «éveilleurs de conscience » de la Sorbonne ne semblent pas voir (nous y reviendrons…). En réalité, l’espace géographique dédié au parlement de la Sorbonne du Plateau n’excède pas 20% de la superficie totale et en ce lieu une certaine Mafia visiblement sous les ordres de la Direction de la section « Sorbonne-Solidarité » contrôle les installations de commerces et les taxes dans et aux alentours de l’espace. A partir de ce moment là, l’idéologie de la Sorbonne a été dévoyée.
Toujours est-il que l’espace occupé par « les Sorbonnards » n’est pas leur propriété privée mais celle de la commune du Plateau. Mais visiblement, la mairie avait perdu le contrôle de cet espace là. Pourquoi et qu’a-t-il fait pour rétablir l’ordre et l’autorité communale dans cette zone ? Visiblement rien… mis a part le fait d’avoir négocié avec Mr Nado Clément pour la délocalisation « des Sorbonnards » vers une autre zoneaprès les prochaines élections présidentielles pendant que cet espace défigure la commune du Plateau tant au sens propre que figuré. Alors la tenue des assemblées générales de la Bad et le désir de certains maires de réserver un accueil sein aux illustres hôtes sonne comme une aubaine pour le maire du Plateau qui entend ainsi profiter de cette brèche pour se débarrasser de ces « administrés devenus trop gênants » : Chose légitime en mon sens, sauf que ; quand on prend des engagements il faut les assumer jusqu’au bout ou chemin faisant, en renégocier les termes. Les Sorbonnards bien qu’utilisant illégitimement cet espace ont quelque part été légitimé par le maire qui leur a donné un quitus en négociant une date départ. Alors a défaut de la respecter, qu’il renégocie avec ses « partenaires ».

LA HONTEUSE RECUPERATION POLITIQUE :

Cette nouvelle tendance Ivoirienne qui consiste à régler tous les problèmessous le sceau de son appartenance politique est rétrogradefolkloriqueet honteuse. D’un coté Mr Nado Clément qui brandit son patriotisme en dénonçant une manigance de la jeunesse du PDCI, de l’autre coté le Maire Akossi Bendjo qui appelle le RHDP au secours et accuse le ministre Désiré Tagro de complaisance vis-à-vis de cette situation… Soyons sérieux et assumons nos responsabilités : il est vrai que la mairie du plateau a adressé un courrier demandant au ministère de la sécurité de superviser et encadrer l’opération de déguerpissement des 60 logements (La Sorbonne) qui s’annonçait houleuse. Que le maire assume le fait d’avoir pris l’initiative d’engager son opération sans attendre la réponse du ministère de la sécurité qui n’avait pas encore donné une réponse à sa requête. Il est responsable d’avoir jeté les agents municipaux en pâture face à des sorbonnards armés des gourdins, de pierre et d’armes blanches. Résultat: Plusieurs agents municipaux blessés.

Il est clair que ce tango endiablé que le maire du Plateau est en train de danser avec les sorbonnards va faire trembler les meubles. Tout ce qu’on doit espérer dans l’immédiat, c’est d’éviter que les efforts conjugués du Président Gbagbo et du directoire du RHDP pour calmer la tension politique en ce moment ne soient pas réduit à néant à cause de l’excitation, l’incompétence ou le trop plein de zèle de certains responsables politiques qui naviguent à contre courant pour des intérêts égocentrique.

La folie destructrice des sorbonnards en furie. Plus jamais ça
Photos de Michel Buitruille

22 avril 2010

Côte d’Ivoire : L’union sacrée autour d’une mère souffrant d’un mal pernicieux

Notre mère patrie se meurt ; que décidons-nous de faire Ivoiriens et amis de la Côte d’ Ivoire ? L’euthanasier parce que ne pouvant pas nous entendre ni sur le diagnostic encore moins sur les soins nécessaires pour sa guérison et être la honte aux yeux des autres ou taire les rancœurs et les meurtrissures qui nous éloignent pour aboutir à une union sacré pour agir ensemble et dans la même direction pour espérer la revoir sur pied ? 
La deuxième option me semble la mieux indiquer et c’est à nous jeunes de Côte d’Ivoire que ce devoir incombe. Agissons en ce sens et rien ne nous arrêtera si nous y allons résolument.

Ni la mauvaise foi des uns, ni la sorcellerie des autres ne pourra entraver notre noble quête :une Côte d’Ivoire unie et fière et prospère.
Ce pays est à nous, comme il l'a été à nos ancêtres et nos parents. Mais il appartient encore plus à nos enfants. Quel héritage comptons-nous leur transmettre ?
La cote d'ivoire est unique, la cote d'ivoire n'est pas a diviser.

Certains ont décidé que pour leur propre intérêt il fallait déchirer notre état, piétiner notre nation et martyriser nos familles.
Aujourd'hui la cause la plus importante est de retrouver notre état, récupérer notre nation et faire revivre ce peuple qui mérite mieux que des pleurs.
Le moment de la réunification de notre pays est venu pour que la nation devienne plus forte.

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Cette union ferra notre force.

Concept Claudus KouadioOlivier Shaw

08 avril 2010

LES REBELLES NE DÉSARMERONT PAS: Enfin Guillaume Soro le dit

 

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CRISE IVOIRIENNE, SORO PARLE. Election présidentielle, Gbagbo, Ouattara, Bédié, Compaoré, désarmement, ex-rebelles: Le Premier ministre dit tout et ne lâche rien. Juste un semblant de lapsus calami au niveau de la chronologie qui devrait être « Désarmement - Election présidentielle » ou souci délibéré d’annoncer les couleurs quant au contenu de la longue interview du Premier Ministre Ivoirien et chef de la rébellion armée qui occupent une partie de la Côte d’Ivoire depuis 2002 ? Là n’est pas le plus important quoi que, c’est un lapsus bien révélateur.

Après lecture de cette interview accordé au journaliste François Soudan et publiée dans l’hebdomadaire « Jeune Afrique » N° 2569 du 4 au 10 Avril 2010, il ressort un élément clé: La rébellion armée conduite par l’actuel Premier Ministre Guillaume Soro ne VEUT pas désarmer avant les prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Et cela, je l’avais affirmé dans mon article intitulé « ALLONS AUX ELECTIONS » que je concluais en soutenant que : « On pourra faire 1.000 autres accords mais le MPCI des Com-zones ne désarmera pas. » 
Mieux, Mr SORO tente même de nous faire croire que cela ne va pas à l’encontre des différents accords de Ouaga. 

Morceaux choisis :
[…]le désarmement doit-il être un préalable à l'élection ?
L'accord que nous avons conclu est précis à cet égard. Les militaires issus des Forces nouvelles destinés à rejoindre les rangs de l'armée dite régulière doivent auparavant être encasernées dans quatre villes: BouakéSéguélaMan et Korhogo. La réunification physique entre les deux armées interviendra un mois après l'élection du nouveau président de la République. Voilà ce que dit l'accord de Ouagadougou. […]

Vous n'avez pas vraiment répondu à ma question.
Mais le chef de l'Étatque je sache, n'a jamais fait du désarmement un préalable à l'élection ! Dans tous les pays qui ont connu un conflit de ce type, que fait-on ? 
On définit une plate-forme sécuritaire minimale qui permette de tenir l'élection. On n'attend pas que le dernier soldat ait déposé son arme pour aller voter. Maintenant, s'il s'agit de rassurer le camp présidentiel, dont je peux comprendre certaines des inquiétudes, j'ajoute ceci: au nom des Forces nouvelles, je m'engage à ce que, le jour J, aucun électeur ne soit empêché d'aller déposer son bulletin dans l'urne et qu'aucune urne ne soit escamotée. Nous sommes même prêts à ce que l'ONU déploie dans le Nord un contingent supplémentaire faisant office de force de police. […] 
La question que je me pose est de savoir à quoi obéit l’actuel processus de sorti de crise ?
Il ressort bien évidemment que la sortie de crise doit être pilotée par le texte de l’accord de Ouaga et les différents accords complémentaires. Alors j’ai RELU l’accord de Ouaga, les annexes et tous les accords complémentaires : Selon l’accord de Ouaga et ses accords complémentaires, le chemin pour arriver aux élections est celui ci: DDR (DESARMEMENT, DEMOBILISATION, REINSERTION) puis Organisation des élections
Qu’en est-il à ce jour ?
Revenons point par point sur ces deux commentaires de Mr SORO . 
Il dit :
- « Les militaires issus des Forces nouvelles destinés à rejoindre les rangs de l'armée dite régulière doivent auparavant être encasernées dans quatre villes: Bouaké, Séguéla, Man et Korhogo »
Il a parfaitement raison, sauf que dans sa conférence de presse du lundi 22 mars 2010,Me Affoussy BAMBA Porte-parole des rebelles a déclaré : « Il faut souligner, que sur les 32.777 combattants FAFN profilés, 5.000 ont été retenus AU TITRE DES VOLONTAIRES POUR L’ARMEE NOUVELLE (VAN), et 27.777 doivent aller à la démobilisation. Sur cet effectif, 11.900 éléments ont été effectivement démobilisés dont 3.416 réinsérés, de sorte que 23.461 sont en attente de réinsertion faute de financement. .
EN CE QUI CONCERNE LES FAFN, les sites d’encasernement sont localisés à Bouaké, Korhogo, Man et Séguéla. Il faut noter à ce sujet que seul le site de Korhogo est réhabilité ET CEUX DES AUTRES VILLES, FAUTE DE MOYENS NE SONT NI REHABILITES, NI EQUIPES.
» Il dit :
- « La réunification physique entre les deux armées interviendra un mois après l'élection du nouveau président de la République. Voilà ce que dit l'accord de Ouagadougou. »
Sur ce même sujet, le QUATRIEME ACCORD COMPLEMENTAIRE A L’ACCORD POLITIQUE DE OUAGADOUGOU dit ceci en Article 6 du TITRE II. FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE : […]
En attendant leur intégration dans la Nouvelle Armée Nationale (donc la réunification dont parle M. SORO), les Ex-combattants des Fafn seront regroupés, sous le commandement de l'état-major des Forces Nouvelles appuyé par les Forces impartiales, pour une formation commune de base, dans les camps militaires de Bouaké, Korogho, Man et Séguela, à raison d'un camp par ville. […]

Donc sur les 4 sites d’encasernement, seul celui de Korhogo est fonctionnel27.777soldats rebelles n’ont toujours pas été démobilisés et 23.461 sont en attente de réinsertionEn gros, le DDR est loin d’être terminé alors les élections présidentielles encore plus.
La question est de savoir pourquoi le DDR stagne ? 
Cependant quand M. SORO proclame que :
« …le chef de l'État, n'a jamais fait du désarmement un préalable à l'élection! », je me dis que de deux chose l’une : soit c’est lui qui n'a jamais fait du désarmement un préalable à l'élection ou alors il n’a toujours rien compris aux accords qu’il a signé. Ce processus de sortie de crise n’a pas pour socle les causettes entre deux hommes ou des suppositions mais plutôt les accords politiques de Ouagadougou. 
Au TITRE II de l'accord COMPLEMENTAIRE A L’ACCORD POLITIQUE DE OUAGADOUGOU :
FORCES DE DEFENSE ET DE SÉCURITÉ:

Article 3: AFIN DE FAVORISER L'ORGANISATION DES ELECTIONS DANS DE BONNES CONDITIONS, LES DEUX PARTIES ONT CONVENU DE RELANCER, SANS DELAI et sous la conduite du CCI et la supervision des Forces impartiales, LE DÉSARMEMENT, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que LA DÉMOBILISATION des ex-combattants des Forces nouvelles. En tout état de cause, CES OPERATIONS DEVRONT ETRE ACHEVEES AU PLUS TARD DEUX MOIS AVANT LA DATE FIXEE POUR L'ELECTION PRÉSIDENTIELLE. » Alors de quoi parle M. SORO ?

- « Dans tous les pays qui ont connu un conflit de ce type, que fait-on ? On définit une plate-forme sécuritaire minimale qui permette de tenir l'élection. » … sécuritaire minimale ? Incroyable !!! 
Peut être mais en Côte d’Ivoire on a abouti à l’accord politique de Ouaga et il va falloir résolument les appliquer de manière concrète sur le terrain.
- « Au nom des Forces nouvelles, je m'engage à ce que, le jour J, aucun électeur ne soit empêché d'aller déposer son bulletin dans l'urne et qu'aucune urne ne soit escamotée » Le jour J des élections, l’intégrité territoriale sera totale en Côte d’Ivoire et ni le ministre de la défense, ni le ministre de la sécurité ne seront du MPCI, alors M. Guillaume SORO peut se décharger de cette tâche.

De manière non officielle mais très implicite, le Premier Ministre Guillaume SORO, chef de Guerre et Secrétaire Générale de la 2ème branche politique de la rébellion armée (MPCI) vient d’ouvrir la boite de pandore : lui et les hommes qu’on lui a confié ne désarmerons pas tant que l’instigateur en chef de cette situation ne sera pas Président. Alors le chef de l’état doit prendre encore une fois ses responsabilités pour consolider la paix, la réconciliation nationale et la libre circulation des personnes et des biens afin qu’on puisse travailler pour remettre notre pays sur pied. Ils ne veulent pas aller aux élections OK. Mais la Côte d'Ivoire doit continuer de vivre.

01 avril 2010

Côte d'Ivoire: ALLONS AUX ELECTIONS

 

On me reproche souvent de trop m’attarder sur la genèse, l'évolution et les acteurs de la crise politique née de l’attaque rebelle du 18-19 Septembre 2002. Et pour cause, les origines de la guerre dans mon pays n’étant plus à l’ordre du jour. Je n’arrive pas à comprendre cette démarche. Ce qui est plus triste, c'est le fait que la presse Ivoirienne dans sa configuration actuelle (et surtout au vue d'un certains "processus de paix"), ne fait pas son travail ou du moins, le fait très mal à mon avis.
Par exemple les seigneurs de guerre et autres com-zones continuent de piller les ressources minières et forestières dans les zones occupées par la rébellion armée. Les populations qui osent faire front sont martyrisées : ni le Nouveau Réveil, ni le Patriote n'en parlent et pire. Ils peuvent même trouver le moyen de dire que les chefs rebelles sont des anges ...chapelle politique oblige.
Et quand d'autres journaux foncièrement acquis au FPI en parlent, on dira qu'ils mettent le processus de paix en péril.
Que faire ? Du journalisme ou du mercenariat journalistique ?
Pendant ce temps, la situation dans les zones occupées devient de plus en plus inacceptable. Cependant la presse et les médias dirigent leurs spots ailleurs : Il est temps de tourner le chapitre et d’aborder l’épineuse question des élections
Aujourd'hui, tous les projecteurs sont orientés vers ces fameuses élections, seul gage d’une paix véritable à en croire une grande partie des ivoiriens et de l’opinion internationale. Pour ce faire, l’on sensibilise toutes les couches de la société ivoirienne à se focaliser sur les élections et à tout mettre en œuvre tant dans leurs propos que dans leurs comportements pour enfin y arriver.
Permettez moi de donner mon avis sur ce contexte ambigu de « allons aux élections » qui ma foi, engendre beaucoup plus de problèmes qu’il n’en résout.
La Cote d’ivoire dans toute sa composante semble, passivement, attendre les élections comme si l’on attendait un Messie ou comme des malades qui espèrent avoir une quelconque panacée qui viendrait guérir définitivement leurs maux. 
Je veux aller visiter le pont de liane à Manje dois attendre les élections
Je veux récupérer ma maison à Bouakéje dois attendre les élections
Je veux récupérer mes plantations à Vavouaje dois attendre les élections
Je veux investir dans le business du Bogolan à Koroghoje dois attendre les élections
Je veux que l’état me permette de bien me soigner et à moindre cout, je dois attendre les élections
Je veux un meilleur système éducatif pour mes petits frères, je dois attendre les élections
Je veux me faire une sauce Gouagouassouje dois ENCORE attendre les élections

Mais diantre !!! que sont donc CES élections sans lesquelles rien et absolument rien n’est possible dans mon pays ? 

Le tissu social, la cohésion de la nation, le développement du pays, le bien-être des ivoiriens et j’en passe, doivent être portés à l’actif de ces élections, grand magicien de son état.
Eh bien, laissez-moi vous dire que les élections, telles que perçues par le RHDP, si elles ont lieu dans les conditions souhaitées par ce front, entraineront de nombreux dégâts aussi bien matériels qu’humains.
En effet dans l’entendement du RHDP, « aller aux élections » rime avec « enlever GBAGBO du pouvoir d'état par tous les moyens ». Et leur lugubre intention a été déjà annoncée par leur sonne-cloche de Venance Konan Amédégnato. Alors tant qu’il sera question «enlever GBAGBO du pouvoir d'état par tous les moyens », nous pouvons aller aux élections sans désarmer. Et si malgré cela Laurent GBAGBO gagne ces élections, on maintiendra la rébellion jusqu’à ce qu’il démissionne par la force des armes : Retour au 18-19 Septembre 2002. Voilà, somme toute, le plan macabre du RHDP et ce que referment les termes « Allons aux élections ».
La témérité des rebelles à ne pas ou du moins à désarmer après les élections appelle à plusieurs interprétations selon moi :

1- Du désarmement des rebelles :
Il est clair, les accords de Ouagadougou ont permis d’obtenir une avancée notable du processus de paix. Et ces accords portent en eux-mêmes tous les points nécessaires pour permettre aux Ivoiriens de retrouver définitivement la paix, y compris le désarmement des rebelles. Mais contre toute attente, les mauvaises interprétations qui fusent desdits accords et la mauvaise foi aidant de certaines parties sont en train de remettre en cause ces acquis. Ce qui nous conduit à nous interroger sur le désir quasi avoué des rebelles à ne pas aller aux élections. Que cache donc le non-désarmement ?

J’ai essayé de trouver dans la liste des candidats aux élections présidentielles, mais nulle part je n’ai vu apparaitre le nom du candidat issu de la rébellion du MPCI : ce qui est normal étant donné que les accords antérieurs en font mention. Ce qui suppose que les rebelles du MPCI ont tout à gagner en étant très impartiaux dans les échéances à venir. Et leur impartialité qui pourrait conduire à des élections démocratiques et fiables, requiert logiquement de leur part le désarmement avant les fameuses élections. Ce qui n’est pas le cas. Alors qui tire donc les ficelles ? C’est sans nul doute celui pour qui ils ont pris les armes. Et cet homme, c’est bel et bien Alassane OuattaraTant que les rebelles n’obtiendront pas une injonction ferme venant de ADO, ils ne désarmeront pas. Or ADO ne le fera pas. On peut donc conclure qu’il n’y aura point de désarmement tant que ADO ne sera pas au pouvoir.
Il apparait indéniable que le chemin pour arriver aux élections reste toujours aussi long que tortueux... Pourquoi ? Simplement parce que l'OPPOSITION a fait la bêtise d'afficher son soutien à SA rébellion armée via le RDR que les autres on rejoint au sein du RHDP.
Selon l’accord de Ouaga, le chemin pour arriver aux élections est celui ci:
DDR (DESARMEMENT, DEMOBILISATION, REINSERTION) puis Organisation des élections.
Où en est le DDR ? Au point zéro... mais l'opposition qui n'a JAMAIS osée demander aux rebelles de désarmer, demande qu'on saute toutes les étapes pour aller aux élections.

2- Du cas BEDIE :

Aujourd’hui, beaucoup sont les ivoiriens qui se demandent pourquoi BEDIE et son parti le PDCI ont tendance à prendre partie pour la rébellion ? Alors que selon la cartographie électorale, une bonne partie des électeurs naturellement acquis à sa cause sont pris en otage à Bouaké.

Ces populations sont meurtries dans leurs âmes car elles ont  été  spoliés de leurs biens acquis au prix de maintes années de dur labeur. Elles espèrent les retrouver un jour mais à la seule condition que les rebelles désarment. Or, voilà que leur mentor, en qui ils fondent tout espoir n’ose même pas lever le petit doigt pour demander leur libération du joug de la rébellion. BEDIE ne l’a jamais fait et ne le ferra jamais : RHDP oblige. Si BEDIE ne le fais pas, c’est parce que pour lui le calcul est tout trouvé.
 

En effet, Les sondages SOFRES positionnant BEDIE au deuxième rang après GBAGBO au premier tour des élections, BEDIE espère obtenir au second tour le soutien d’ALASSANE pour gagner. D’où son refus de blâmer la rébellion. Eh bien cher Papa BEDIE, sachez que dans ce calcul vous vous tromper lamentablement. Car, même si vous sortez vainqueur au premier tour des échéances prochaines, les rebelles ne désarmeront à moins ALASSANE le leur demandent. Ce qui est moins sûr.

3 - Du cas des chefs rebelles et du Tribunal Pénal International :

On pourra faire 1.000 autres accords mais le MPCI des Com-zones ne désarmera pas.

PAR EXEMPLE SAVEZ VOUS QUE LA LOI D’AMNISTIE NE COUVRE PAS LES CRIMES ECONOMIQUES, LES CRIMES DE GUERRE ET LES CRIMES CONTRE INHUMANITÉ ?
Les rebelles en sont conscients et savent bien que l'ONU et le TPI les attendent au tournant... 

La rébellion fait durer le suspens et on aura une avancée conséquente de la situation seulement quand le RHDP se disloquera et que les autres partis de l'opposition tel que lePDCI-RDA et le MFA, vont commencer à agir autrement vis à vis du MPCI dont le RDR ne pourra jamais se défaire. 

Permettez-moi de m’interroger sur le dénouement de cette crise qui a tout d’un labyrinthe inextricable : A supposer que vous avez un chien atteint de la rage. Après avoir fait le tour des vétérinaires et essayez tous les remèdes relatifs à sa maladie, votre chien ne guérit. Alors, que faites-vous ?